Di Rupo critiqué par des élus PS : « Le parti est aphone »

Rédaction en ligne

mercredi 23 mai 2012, 12:11

Les fautes de communications et les faiblesses du cabinet du Premier ministre Elio Di Rupo mettent le PS en danger, affirment plusieurs élus socialistes. « Notre parti se retranche derrière la politique du gouvernement et ça ne va pas », indique Philippe Moureaux.

Di Rupo critiqué par des élus PS : « Le parti est aphone »

Belga

Les erreurs commises par Elio Di Rupo surprennent de nombreux membres du PS. Le parti craint que cela n’influence les électeurs et ne provoque de mauvais résultats pour les candidats socialistes aux élections communales d’octobre.

« Le voyage vers le sommet de l’Otan à Chicago a été une catastrophe », estime l’un d’entre eux dans De Morgen. « Di Rupo est parti en First Class alors qu’un avion de la Défense presque vide se rendait au même endroit. C’est une faute. » Un autre membre du parti regrette les « différentes versions » apportées par l’entourage du Premier ministre pour justifier ce vol séparé. « Ca ne marche pas comme ça. Si Di Rupo a des problèmes avec les décalages horaires, ils devaient le dire tout de suite et ne pas chercher d’excuse. »

« La communication est une arme », poursuit un troisième élu PS. « Si Di Rupo perd cette bataille, tout le parti est mis en difficulté. »

Pour Guillaume De Walque, le porte-parole de Di Rupo, le « chapitre de la communication » est aujourd’hui clos. « Nous avons un gouvernement qui obtient des résultats. Les dossiers sont bien traités et c’est le plus important. Le contenu, c’est ce qui compte, pas la forme », insiste-t-il.

Outre ces problèmes de communication, plusieurs socialistes relèvent aussi les difficultés rencontrées par le cabinet d’Elio Di Rupo lors du traitement de certains dossiers sensibles. Il n’y a ainsi toujours aucune décision sur les nominations des hauts fonctionnaires.

Moureaux : « On ne peut plus juste rester assis et applaudir le gouvernement »

Philippe Moureaux, vice-président du PS, estime que le parti socialiste n’est pas assez présent dans le débat politique. « Notre parti se retranche derrière la politique du gouvernement et ça ne va pas ».

« Les gens attendent des résultats, particulièrement sur le plan social. Un parti comme le PS doit prendre des risques », prévient-il. « Le parti doit revenir à ses points forts. Nous devons d’urgence défendre notre ’core business’. Ne laissons pas les gens croire que le PS mène une politique anti-sociale. Nous devons faire quelque chose. On ne peut plus juste rester assis et applaudir le gouvernement. »

Vervoort : « Le PS est aphone »

« Le parti, c’est le parti, le gouvernement, c’est le gouvernement. Nous devons marquer notre empreinte et ne pas voir peur de se contredire », ajoute le président du PS bruxellois, Rudi Vervoort.

« Le PS est aphone pour le moment, tout comme le CDH et Ecolo. Au niveau francophone, c’est la bagarre MR-FDF qui occupe le terrain », indique-t-il. « On doit communiquer et montrer où sont les différences et réaffirmer que le PS est utile à l’action gouvernementale. »

(CLDD, avec belga)