Réforme de l’Etat : Peeters voudrait que le fédéral avance plus vite
VERONIQUE LAMQUIN
mardi 29 mai 2012, 09:49
VERONIQUE LAMQUIN
mardi 29 mai 2012, 09:49
Il est devenu, au fil des départs et des défaites, la seule figure de proue du CD&V. Les temps sont pourtant durs (aussi) pour Kris Peeters. La Flandre n’est pas épargnée par la crise, la preuve par la remontée du chômage ; et Bart De Wever monopolise l’attention médiatique flamande… Kris Peeters veut se montrer imperturbable et poursuit sur sa lancée.
Vous venez de doter la Flandre d’une « Charte »… Une étape vers l’indépendance ?
Non ! C’est d’abord le fruit d’un long processus pour la Flandre, devenue une entité fédérée adulte. L’association des juristes flamands a plaidé en ce sens en 1992 ! Il y a vingt ans ! Le CD&V a lancé l’initiative, au Parlement flamand, en 1993. Puis, il y a eu une série de propositions émanant de tous les partis. Mais, jusqu’à la semaine dernière, aucun texte n’avait fait consensus.
Cela manquait vraiment ?
Vous pouvez, vous, dire, comme ça, quels sont vos droits et devoirs ? Ce texte reprend, de manière très didactique, les droits et devoirs des Flamands. On est partis de la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne, complétée par des dispositions de la Constitution belge. On a voulu être la première Région d’Europe à s’inspirer du texte européen, qui est contemporain et social.
(…)
La sixième réforme de l’Etat vous donne des ailes ?
Je constate que l’évolution copernicienne est en marche. Pas seulement en Flandre, en Wallonie aussi. Ce processus est irréversible, et ne sera pas clos avec la sixième réforme de l’Etat. Mais, pour l’instant, je ne m’investis pas dans la prochaine réforme de l’Etat. Je veille surtout à ce que la sixième se concrétise.
Cela va trop lentement ?
Pour BHV, on devrait avoir un vote avant l’été. Mais après, il y a tous les transferts de compétences. Qu’il faut voter puis concrétiser. Et là, je me fais du souci.
Pourquoi ?
En Flandre, nous avons demandé à l’administration d’élaborer une série de fiches, elles sont prêtes depuis trois mois, traduites en français et transmises au fédéral. Elio Di Rupo avait promis, il y a plusieurs mois, que le fédéral ferait pareil ; je n’ai toujours rien reçu ! J’avais aussi demandé à Elio Di Rupo s’il ne serait pas utile d’organiser une coordination entre administrations. Il avait dit : OK. Mais, jusqu’ici, rien ! Donc, je m’inquiète.
(…)
Craignez-vous que les élections communales aient un impact
majeur sur les gouvernements régionaux, sur le fédéral ?
Je constate que la nervosité est énorme. Au PS, au MR, au VLD, chez nous. C’est la première fois que je vois ça. Je me fais donc du souci. Je m’inquiète que l’enjeu dépasse le niveau local. Je m’inquiète que l’on interprète les résultats de manière telle qu’ils auront un impact au niveau fédéral, voire régional. Vu la nervosité actuelle, je crains que ce soit le cas.
(…)
Vous n’en avez pas marre qu’il n’y en ait que pour De Wever ?
Le vedettariat s’est installé en politique : on parle autant de nous que des chanteurs. En ce qui me concerne, je vois que les sondages me placent en bonne position.