Flahaut : « Je n'ai traité personne de fasciste »

GIL DURAND ET MICHELLE LAMENSCH

jeudi 31 mai 2012, 15:46

André Flahaut a répondu à la Chambre aux attaques de la N-VA et du CD&V suite à ses propos tenus à des députés français auxquels il a notamment déclaré que « tout l'appareil de l'État est flamandisé ».

Deux députés français, Jean-Pierre Kucheida (PS) et Robert Lecou (UMP), sont venus en Belgique, l'été dernier et en janvier 2012, en « mission d'information sur la situation intérieure en Belgique. »

Ils étaient mandatés par l'Assemblée nationale pour tenter de saisir pourquoi le système politique belge a éprouvé autant de difficultés à former un gouvernement.

Après avoir sondé des politiciens, des journalistes, des professeurs et des experts, ils ont rédigé un rapport intitulé « La Belgique en quête d'un nouvel équilibre. »

Les députés français ont notamment interrogé le président de la Chambre, André Flahaut PS. Dans ce rapport, M. Flahaut affirme notamment que « tout l'appareil de l'État est flamandisé, ce qui est le résultat d'une stratégie concertée de mise en oeuvre sous l'égide d'un parti dominant ».

Il qualifie aussi de « déni de démocratie » la non-nomination de trois bourgmestres de la périphérie bruxelloise.

Le CD&V et la N-VA s'insurgent

Le CD&V a exigé des explications d'André Flahaut et, le cas échéant, des excuses. « Le président de la Chambre, André Flahaut (PS), doit s'expliquer et, le cas échéant, présenter des excuses après les propos qu'il a tenus aux deux députés français auteurs d'un rapport sur la situation en Belgique », a demandé le chef de groupe CD&V de l'assemblée, Raf Terwingen.

« Ses déclarations sont inappropriées et ne sont pas correctes. Nous estimons qu'il doit s'expliquer et, le cas échéant, présenter ses excuses », a-t-il déclaré sur les ondes de la VRT.

Le président de la N-VA, Bart De Wever, s'est lui aussi indigné de ces propos. À ses yeux, le bureau de la Chambre doit se poser la question du maintien de M. Flahaut au perchoir de l'assemblée.

Flahaut replace ses propos dans leur contexte

Le président de la Chambre a tenu à replacer ses propos dans leur contexte. « Ce sont des déclarations qui datent de 2011, alors que nous étions en affaires courantes », a-t-il dit. « Je n'ai jamais qualifié personne de fasciste. Je me suis borné à énoncer certains problèmes évoqués à la table des négociations des 6 ou 8 partis. »

André Flahaut a ensuite précisé que la Belgique avait désormais des perspectives de solutions à tous ces problèmes grâce à l'accord de gouvernement.

« Depuis lors, je ne me suis plus exprimé devant aucun organe de presse, respectant ainsi la neutralité de ma fonction », s'est-il justifié. « J'essaie de faire mon métier avec le plus d'objectivité possible pour que majorité et opposition aient l'occasion de développer leurs arguments. »

« J'ai refusé d'entrer dans la polémique et je n'ai plus donné d'interview sur les propos tenus il y a un an », a conclu André Flahaut.