Renfort de policiers : Milquet doit patienter

Rédaction en ligne

mercredi 20 juin 2012, 14:33

Des groupes de travail vont se pencher les propositions de Joëlle Milquet qui demande de l’argent supplémentaire pour renforcer les effectifs policiers.

Renfort de policiers : Milquet doit patienter

Joëlle Milquet © Belga

Le Conseil des ministres restreint a décidé mercredi de poursuivre l’examen des propositions de la ministre de l’Intérieur en matière de recrutement policier en groupes de travail en vue du contrôle budgétaire de juillet, a indiqué Joëlle Milquet à l’issue de la réunion.

La ministre est revenue mercredi avec ce point du volet sécurité au Conseil restreint après un premier tour de table le 11 mai dernier.

Alors réticent à rencontrer les demandes budgétaires de Mme Milquet, le MR a entre-temps accepté le principe d’une « exception positive » au profit de la politique de sécurité.

L’objectif de la ministre de l’Intérieur est double, éviter d’une part que le déficit structurel s’accroisse, ce qui nécessite l’engagement de 1.400 policiers par an, soit un budget d’environ 12 millions d’euros en année pleine, c’est-à-dire à partir de 2014, le temps que chacun d’entre eux ait terminé sa formation. Les groupes de travail sont notamment chargés à cet égard d’établir une photographie de la situation dans les polices locales et fédérale, de mettre à plat le (non) remplacement des départs à la retraite.

10 propositions pour améliorer le recrutement

Par ailleurs, la ministre de l’Intérieur a présenté dix propositions visant à améliorer le recrutement. Il s’agit de veiller à l’implication des zones via une procédure accélérée, ce qui constitue une demande des bourgmestres des grandes villes, d’alléger certaines tâches policières, par exemple en les confiant aux gardiens de la paix ou agents de sécurité. En coordination avec la Justice, il est également question de revoir l’organisation judiciaire de sorte qu’il y ait moins d’apostilles. Avec la Défense, les travaux portent sur la coordination en matière de sécurisation des lieux stratégiques (remplacement de policiers par des militaires).

Les vices-premiers prudents

Sur le plan budgétaire, la situation reste compliquée pour le gouvernement. Mercredi, chaque vice-premier ministre est resté prudent.

« Il y a des demandes venant du Barreau, des prisons, de la magistrature, il y en a aussi dans la police. Il va falloir examiner tout cela », a indiqué Didier Reynders (MR).

Pour le PS, il n’est pas question d’aller chercher dans le giron de la sécurité sociale les moyens qu’il manquerait pour la police. « Il faut que les ministres qui demandent ces moyens supplémentaires fassent des propositions. Il ne faut pas dire que c’est aux autres à aller chercher les moyens dans leurs départements. On ne touchera pas aux pensions et aux soins de santé », a indiqué Laurette Onkelinx.

Selon Vincent Van Quickenborne (Open VLD), « il faut examiner s’il n’y a pas moyen de travailler (au sein de la police) de manière plus efficace, plus rationnelle », une option également défendue par Steven Vanackere (CD&V). « Il faut un recrutement plus efficace, plus de policiers. Est-ce que tout cela va coûter plus cher ? », s’est interrogé Johan Vande Lanotte (SP.A) en bouclant la boucle.

(Belga)