A 6 mois des Communales aux enjeux nationaux

ERIC DEFFET

samedi 14 avril 2012, 10:14

Dans 6 mois, jour pour jour, les Belges se rendront aux urnes pour renouveler les conseils communaux et provinciaux. Le premier scrutin après la crise politique de 2010 et 2011. Le point sur les enjeux

A 6 mois des Communales aux enjeux nationaux

©belga

Les élections du 14 octobre prochain ne seront pas forcément celles que vous croyez. Bien sûr, il s'agira d'abord de renouveler les conseils communaux des 589 communes du pays, dont 262 en Wallonie et 19 en Région bruxelloise, ainsi que les assemblées des dix provinces du Royaume. Et cela reste l'essentiel.

Mais le scrutin de l'automne ne marquera pas uniquement l'aboutissement de querelles clochemerlesques et l'apogée de vieilles rivalités intestines : par leur position dans le calendrier politique, à mi-chemin des législatures fédérale et régionale, les élections communales seront à la fois le premier test national après l'interminable crise de 2010 et 2011, et le dernier « sondage » avant le scrutin « général » (fédéral, régional et européen) de juin 2014. Au soir du 14 octobre, n'en doutez pas : les états-majors de tous les partis politiques tenteront d'extrapoler les résultats à l'échelle d'un territoire plus large, histoire de mieux préparer les batailles à venir.

Tous les regards tournés vers la N-VA en Flandre

L'exercice vaudra prioritairement pour la Flandre : tous les observateurs du pays retiennent leur souffle dans l'attente des résultats de la toute-puissante (dans les sondages) N-VA. C'est peut-être en partie l'avenir du pays qui se jouera dans ces villes et ces villages que Bart De Wever espère conquérir pour faire trembler sur ses bases le gouvernement Di Rupo (lire notre analyse en page 5) en vue des élections de 2014. La N-VA a besoin de racines profondément implantées dans son terroir ? Les trouvera-t-elle dans six mois ?

Un ton en dessous il est vrai, les résultats à Bruxelles et en Wallonie devront également être analysés finement. Dans la capitale, quel sera l'impact de l'implosion du MR et des déchirures locales entre les libéraux historiques et les troupes d'Olivier Maingain ? A l'échelle de la Région bruxelloise, cette rupture est l'événement politique majeur depuis les communales de 2006. Le paysage risque de s'en trouver modifié en profondeur dans certaines communes. La confection des listes et la préparation des alliances ont donné le ton : la scission entre MR et FDF compliquera souvent les choses, les résultats connus.

En Wallonie, le scrutin communal sera comme toujours marqué par la forte implication sur le terrain de tous les ministres ou presque, à commencer par le premier d'entre eux, Elio Di Rupo, qui brigue un troisième mandat à Mons.

N'oublions pas l'impact sur la vie en société

Reste aussi que certains enjeux locaux, pour leur impact considérable sur la vie en société, méritent la mobilisation de tous, à tous les échelons : l'augmentation de la population, le logement et la sécurité à Bruxelles, le tissu économique de proximité, le rapport villes-campagnes et la mobilité en Wallonie.

On allait oublier, enfin : le 14 octobre prochain, il sera aussi question de renouveler les dix conseils provinciaux. Il ne s'agira pas d'une simple formalité, même si ce scrutin-là pâtit de la comparaison avec les élections communales. Et même si la réforme des provinces, qui doit encore aboutir, s'est déjà soldée par la perte d'un élu sur trois, en vue du scrutin de cette année.

Avec les provinces, la question est surtout : qu'en restera-t-il en 2018, si les bassins de vie ont réussi à s'implanter dans le paysage wallon ?