Campagne MR douloureuse à Mons

ERIC DEFFET

mardi 12 juin 2012, 10:32

Communales. Succession difficile.

Chez les libéraux montois, la rupture est totale entre Georges-Louis Bouchez, 26 ans et tête de liste aux communales, et Bernard Beugnies, 64 ans, actuel échevin des Finances et tête de liste aux provinciales. On ne se parle plus, et en même temps, on ne se lâche plus, curieux paradoxe.

La semaine dernière, Beugnies s'était invité à une conférence de presse où Bouchez devait présenter ses colistiers, dont l'échevin a décidé de ne plus faire partie de manière fracassante. Mais l'événement fut annulé. Réplique : ce lundi, Bouchez a assisté au fond de la salle à la présentation des colistiers de Beugnies pour la province…

Au-delà du climat glacial, pas d'incident notoire. Mais en guise d'au revoir, ces quelques mots qui en disent long, du plus jeune à son aîné : « Je m'en vais. Tu peux commencer à dire du mal de moi… » Ambiance.

Mais quelle mouche peut bien piquer le MR montois confortablement installé dans la majorité locale pilotée (à distance) par le tout puissant Elio Di Rupo et promis à la reconduction de l'alliance avec les socialistes ?

Comme souvent, il est question ici d'une guerre de succession qui fait des dégâts collatéraux.

En quête d'un chef de file emblématique, les libéraux montois avaient découvert la perle rare en la personne du jeune Georges-Louis Bouchez.

Le profil idéal : un gars du cru, « surdoué de la politique » comme on dit en ville depuis une petite année, talentueux, beau gosse, ce qui ne gâche rien, orateur doué, passionné par la gestion publique, ambitieux pour lui comme pour Mons.

Bref : le fond et la forme.

Les difficultés sont apparues quand il fut question de la place à accorder au jeune homme : la tête de liste d'emblée, au nez et à la barbe des barons locaux ?

Pour trancher le MR montois a mis sur pied une élection interne – « à partir de là, nous n'étions plus d'accord avec la procédure et nous les avons laissé faire entre eux », reconnaissent les autorités du MR.

Bernard Beugnies et Catherine Hocquet, respectivement échevin et conseillère sortants, ont choisi de se présenter contre Bouchez, qui finit par l'emporter. Hocquet en resta là. Beugnies rentra dans le rang, s'engageant à soutenir le vainqueur en échange d'un nouveau mandat scabinal de trois ans.

Mais l'échevin des finances vient lui aussi de claquer la porte : la neuvième place qui lui était réservée sur la liste fut considérée comme une humiliation.

Une ville-district

Depuis lors, Georges-Louis Bouchez n'a de cesse de répéter qu'il n'a pas voulu tout cela. Il n'empêche : à Mons, les libéraux sont dans une mauvaise passe.

On en arrive à une situation presque absurde : sous la bannière MR, Georges-Louis Bouchez conduira la liste communale tandis que ses principaux rivaux, Beugnies et Hocquet, mèneront la liste provinciale.

Un beau duel MR-MR en perspective car le territoire du district de Mons pour les élections provinciales épouse exactement les limites de la ville. Qui l'emportera ?