Une majorité d’Irlandais souhaite que Dublin ne rembourse plus ses dettes astronomiques, indique un sondage publié dimanche dans le journal irlandais Sunday Independent, tandis qu’un vaste plan d’aide international est sur le point d’être conclu avec l’UE et le FMI.
Selon l’enquête réalisée par l’institut Quantum Research, 57 % des 500 personnes interrogées estiment que Dublin devrait faire défaut sur ses paiements, contre 43 % qui pensent le contraire. Cette solution radicale, qui enverrait une onde de choc extraordinairement dommageable pour la réputation de l’Irlande sur l’ensemble des marchés financiers, figurait parmi les slogans lors d’une manifestation qui a réuni samedi entre 50.000 et 150.000 Irlandais, selon les estimations, dans les rues de Dublin.
Les manifestants dénonçaient le plan de rigueur draconien que veut imposer le gouvernement irlandais et qui est présenté comme la condition sine qua non du vaste programme d’aide à l’île qui devrait être bouclé ce dimanche.
Selon le même sondage, les deux tiers des personnes interrogées s’opposent à ces nouvelles mesures de rigueur, qui interviennent après trois budgets de rigueur.
Le plan de rigueur quadriennal annoncé mercredi prévoit 15 milliards d’euros de réductions budgétaires et de hausses d’impôts d’ici 2014, soit 9 % environ du Produit intérieur brut (PIB). Les allocations chômage et familiales seront réduites, tout comme les retraites des fonctionnaires et le salaire minimum, et près de 25.000 emplois publics seront supprimés. Il vise à ramener à 3 % le déficit public irlandais, actuellement de 32 % du PIB.
Le plan d’aide à l’Irlande sur le point d’être annoncé
L’annonce du vaste plan de sauvetage de l’Irlande, mis au point par l’Union européenne (UE) et le Fonds monétaire international (FMI), est attendue ce dimanche, avec le double objectif de renflouer l’Etat et les banques celtiques, criblées de dettes.
Selon des sources diplomatiques, les négociateurs veulent annoncer le programme d’aide avant la réouverture des marchés lundi matin, afin d’éviter une nouvelle tempête financière et de limiter les risques de contagion à la zone euro, notamment aux pays les plus fragiles comme le Portugal et l’Espagne.
Les ministres des Finances de l’Eurogroupe, puis des Vingt-Sept, doivent se réunir dimanche à Bruxelles pour valider ce soutien. La forme de cette réunion, qui doit être formellement convoquée par la présidence belge de l’UE, était encore en discussion samedi en fin de journée. Elle pourrait se dérouler par conférence téléphonique ou physiquement, comme l’a souhaité la ministre française des Finances, Christine Lagarde.
A Dublin, les porte-parole du gouvernement et du ministère des Finances se sont refusés à tout commentaire samedi soir, indiquant seulement qu’un accord « n’avait pas encore été bouclé ». L’aide sera « d’environ 85 milliards d’euros », a-t-on précisé de sources diplomatiques. Elle comportera des contreparties pour l’Irlande.
Ainsi, selon les médias irlandais, l’Irlande pourrait être contrainte d’accepter un taux d’intérêt de 6,7 %, largement plus élevé que les 5,2 % acceptés par la Grèce au printemps dernier, ce qui n’a pas manqué d’ajouter à la colère des Irlandais, déjà blessés après l’humiliant appel à l’aide extérieur.
Des dizaines de milliers de personnes, 50.000 selon la police et 150.000 selon les organisateurs, ont défilé samedi à Dublin pour protester contre les effets attendus du plan de rigueur draconien que vient d’annoncer le gouvernement irlandais, et qui est présenté comme un préalable à l’aide internationale.
Selon les médias irlandais, le plan consacrera 50 milliards d’euros au renflouement de l’Etat celtique, dont le déficit public atteint 32 % du Produit intérieur brut (PIB) et 35 milliards d’euros pour restructurer les banques, criblées de dettes après l’éclatement d’une bulle immobilière.