Les marchés restent sur leur faim après le plan franco-allemand
Rédaction en ligne
mercredi 17 août 2011, 13:10
Les Bourses mondiales restaient insensibles aux propositions du couple franco-allemand visant à restaurer la confiance dans la zone euro et continuaient mercredi à broyer du noir sur fond d’inquiétudes sur la croissance et la dette publique.
EPA
De New York à Londres, le plan d’urgence dévoilé mardi à Paris par Nicolas Sarkozy et Angela Merkel n’a suscité qu’un enthousiasme modéré sur les marchés déçus par le flou de certaines propositions et essorés par quinze jours de tourmente boursière.
Après avoir cédé du terrain mardi, les Bourses européennes se repliaient encore mercredi dans le sillage de Tokyo (-0,55 %) et de Wall Street (-0,68 % pour le Dow Jones, l’indice vedette). A 12H40, Francfort perdait 1,07 %, Londres 1,02 %, Madrid 0,84 % et Paris 0,06 %. Bruxelles gagnait 0,16 %.
« La réunion entre les dirigeants allemand et français a échoué à atténuer les inquiétudes sur la crise de la dette en zone euro », résumait Ker Chung Yang, analyste chez Phillip Futures à Singapour La création annoncée d’un gouvernement de la zone euro et d’une règle d’or budgétaire inscrite dans la constitution dans les pays membres n’a pas suffi à apaiser les esprits.
D’autant que les principales mesures réclamées avec insistance par les marchés ont été écartées, à savoir l’option des euro-obligations et un relèvement de l’enveloppe du Fonds européen de stabilité financière (FESF), doté actuellement de 440 milliards de dollars.
Epouvantail des marchés, la proposition d’une taxe sur les transactions financières, aux contours encore très flous, a été sans surprise peu appréciée par les places financières. « La rencontre n’a pas donné grand chose, pour ne pas dire rien », a asséné Marc Pado, analyste chez Cantor Fitzgerald, un commentaire qui tranche avec le satisfecit de plusieurs responsables européens.
Le président de la Commission européenne José Barroso a salué des « décisions importantes » tandis qu’Athènes et Madrid soulignaient le message positif envoyé par les deux premières économies européennes.
Ignorant ces louanges, les marchés restaient affectés par la flopée de mauvais chiffres de la croissance en zone euro publiés la veille.
Le Produit intérieur brut (PIB) de la zone euro n’a ainsi augmenté que de 0,2 % au total au deuxième trimestre. Et l’activité économique a subi un net ralentissement en Allemagne et a totalement calé en France, qui selon des informations de presse pourrait être amenée à réviser à la baisse ses prévisions de croissance pour 2011.
M. Sarkozy et Mme Merkel se sont efforcés de dissiper les craintes et les doutes, lors de leur conférence de presse à Paris : « Je ne suis pas du tout pessimiste sur les perspectives de la croissance », a martelé la chancelière allemande alors que le chef d’Etat français se disait « confiant » sur les perspectives économiques.
Outre-atlantique, les Etats-Unis ont pu se réjouir mardi du maintien par l’agence de notation Fitch du label « AAA » dont Standard and Poor’s les avait privés il y a deux semaines. Mais la publication dans la foulée d’indicateurs mitigés à Washington a tué dans l’oeuf toute euphorie.
« Les risques afférents au ralentissement de l’activité tant aux Etats-Unis qu’en Europe sont au centre des préoccupations des investisseurs », juge Yukata Miura, analyste à Tokyo.
Les valeurs refuges en hausse
Dans ce contexte, l’or a une fois encore profité de son aura de valeur refuge, atteignant 1.791,50 dollars l’once à Hong Kong contre 1.780,00 dollars la veille.
Le franc suisse continuait à monter face à l’euro, malgré de nouvelles mesures prises mercredi par la Banque nationale suisse visant à freiner l’envolée de la monnaie helvétique.
L’euro s’est repris face au billet vert, s’établissant à 1,4438 dollar contre 1,4406 mardi soir.
Sur un autre front, le vice-président américain Joe Biden entame mercredi un voyage de cinq jours à Pékin où il devra rassurer les autorités chinoises sur la solidité de la dette américaine, ébranlée par la récente tempête financière.
Les Etats-Unis doivent « assumer (leurs) responsabilités avec sérieux et prendre des mesures concrètes » au sujet de sa dette, a réclamé mercredi le Quotidien du Peuple, organe officiel du Parti communiste chinois, enjeu crucial dans un pays qui détenait en mai quelque 1.160 milliards de dollars de bons du Trésor américain.
(afp)