Quaden : « Pour sauver l'euro, avancer plus vite, et plus fort, à 17 ! »

Rédaction en ligne

samedi 17 décembre 2011, 10:12

Guy Quaden, l'ancien gouverneur de la Banque nationale, analyse, en exclusivité pour « Le Soir », la crise de la zone euro. Il incite la Banque centrale européenne à envisager une action plus résolue.

Quaden : « Pour sauver l'euro, avancer plus vite, et plus fort, à 17 ! »

© Thierry Du Bois

Guy Quaden a dirigé la Banque nationale de Belgique pendant 12 ans. Il a donc accompagné la naissance de l'euro, puis vécu la première grande crise de la monnaie unique. Le 31 mars, il a quitté la Banque, rattrapé par la limite d'âge. Depuis, il s'est tu. Mais il a décidé de sortir du bois, dans Le Soir de ce week-end.

Dans le Soir

Lire l'interview complète p.22 dans Le Soir

Il salue les décisions prises lors du sommet européen des 8 et 9 décembre. « Les 17 pays de la zone euro ont décidé d'aller de l'avant, avec ceux, parmi les autres Etats membres, qui veulent les accompagner, mais sans attendre que tous se décident ».

Tout en insistant sur la nécessité de la discipline budgétaire, il juge que « la surveillance ne doit donc pas porter exclusivement sur les déficits publics mais aussi sur les déséquilibres extérieurs et la compétitivité ».

Guy Quaden suggère enfin que le moment est venu pour la Banque centrale européenne (BCE) d'entrer en action. Il rejoint ainsi, de manière nuancée, les voix, de plus en plus nombreuses, qui réclament une intervention de la BCE, via le rachat massif de titres souverains des pays en difficulté.

« Maintenant que des mesures (d'assainissement budgétaire et de réformes structurelles) ont été mises à l'agenda et, mieux encore, mises en œuvre dans la quasi-totalité des pays (…), et que l'on a décidé de renforcer la surveillance budgétaire mutuelle, la BCE devrait peut-être envisager d'intervenir de manière plus résolue », estime Guy Quaden. C'est la première fois qu'un (ex-) banquier central européen s'exprime publiquement en ce sens.