Brussels Airlines menace de quitter le pays
Rédaction en ligne
mercredi 28 mars 2012, 08:59
Les patrons de Brussels Airlines sont d'avis qu'il faut mettre fin à la distorsion de concurrence avec Ryanair notamment.
Belga
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mercredi 28 mars 2012, 08:59
Belga
Il y a une semaine, L'Écho révélait qu'au niveau fédéral, un comité ministériel restreint s'était réuni mardi pour évoquer une demande Brussels Airlines qui souffre comme les autres de la hausse des produits pétroliers mais, surtout, de la concurrence déloyale des compagnies opérant sur le marché européen depuis la Belgique sans payer de cotisations sociales en Belgique. En mire, les compagnies low-cost en général, Ryanair en particulier.
Le sujet a soulevé de nombreuses réactions. Celle des syndicats notamment. « Nous ne devons pas appliquer à Brussels Airlines le système en vigueur chez Ryanair, mais bien mettre Ryanair au diapason du système de cotisations sociales belge » affirme ainsi Olivier Van Camp (Setca). Sa collègue de la CNE, Marijke Persoone relève que Ryanair s'établit dans des régions avec beaucoup de chômage pour ensuite faire du chantage aux autorités : « C'est mortifère pour les autres compagnies ».
L'aéroport de Bruxelles est venu à son tour à l'appui de la requête de Brussels Airlines. Estimant la situation actuelle est « intenable », son porte-parole a appelé à une concurrence équitable entre les compagnies aériennes en ajoutant également dans ses griefs, les subsides versés par la Région wallonne à l'aéroport de Charleroi : « Le gouvernement wallon donne 15 euros par passager à l'aéroport de Charleroi. Cela fausse la concurrence ».
E.R
Ce mercredi, le quotidien De Morgen révèle que l'administrateur délégué de Brussels Airlines a fait savoir, lors d'une réunion avec les partis de la coalition au fédéral, que si le gouvernement ne prend pas rapidement des mesures fiscales particulières pour Brussels Airlines, l'entreprise devra quitter le pays. Le journal flamand précise que le Premier ministre Elio Di Rupo ne semble pas vouloir plier face à ce chantage.
« Nous souhaiterions pouvoir rester en Belgique », a fait savoir Bernard Gustin. « Mais, a-t-il précisé, cette situation ne peut plus durer. Si vous n'êtes pas disposés à entreprendre quelque chose contre la distorsion de concurrence entre nous et Ryanair, nous devrons partir à la recherche d'un nouveau siège social. Il y a suffisamment d'exemples d'entreprises qui fonctionnent avec plusieurs sièges ».
Dans une note remise aux vice-premiers ministres, deux pays sont évoqués pour une éventuelle délocalisation : le Luxembourg et l'Irlande. Dans ces pays, Brussels Airlines pourrait compter sur un système fiscal plus favorable pour ses pilotes et employés.
Selon le Morgen, le gouvernement Di Rupo est d'avis qu'il est inimaginable de prendre des mesures fiscales particulières pour une société, quelques jours après un contrôle budgétaire douloureux, même pour une entreprise chargée symboliquement comme l'est Brussels Airlines. « Nous ne l'accepterons pas », indique une source gouvernementale.
(E.R, d'après belga)