Grèce : « Si nous disons non à tout, nous sortons de la zone euro »

Rédaction en ligne

mercredi 09 mai 2012, 14:33

La Grèce risque de sortir de la zone euro si elle dénonce les accords passés avec l’UE et le FMI pour la sauver de la faillite, a mis en garde le conseiller économique du gouvernement grec sortant.

La Grèce, dont l’électorat a massivement rejeté dimanche l’austérité dictée par l’UE et le FMI, « a une marge de renégociation » sur le contenu des mesures qu’il doit prendre d’ici à 2015, « mais il ne faut pas la surestimer et penser que tout d’un coup quelque chose a changé en Europe parce que le peuple ici a crié non », a prévenu Ghikas Hardouvelis, qui a conseillé pendant sept mois le chef du gouvernement Lucas Papademos. « Nous avons vu les réactions des dirigeants européens (…) la seule chose qu’ils disent est que la Grèce se dirige vers la sortie de l’euro », a-t-il insisté, jugeant qu’il revenait aux Grecs de « rentrer dans la logique » de leurs partenaires « car c’est eux qui donnent de l’argent ».

M. Hardouvelis commentait l’appel à une dénonciation de l’accord de prêt liant Athènes à ses bailleurs de fonds UE-FMI lancé par le Syriza (gauche radicale grecque), qui tente actuellement de former un gouvernement après les élections de dimanche qui ont propulsé ce parti au rang de deuxième force politique du pays.

Son dirigeant, Alexis Tsipras, a exclu mardi la formation d’une coalition soutenant le programme d’austérité, renforçant le scénario de nouvelles élections sous environ un mois.

De leur côté, les chefs des deux partis gouvernementaux socialiste et conservateur ont aussi indiqué vouloir renégocier les termes du programme de redressement assigné au pays, sur lesquels ils s’étaient engagés par écrit avant d’être désavoués par les électeurs.

La Grèce recevra bien 5,2 mds d’aide jeudi

La Grèce recevra comme prévu jeudi un versement de 5,2 milliards d’euros de ses créanciers publics, en dépit de l’incertitude politique qui pèse sur le pays.

Au-delà de cette échéance, cependant, c’est l’incertitude. Le ministre luxembourgeois des Affaires étrangères, Jean Asselborn, a averti mercredi qu’aucun argent ne sera versé sans formation d’un gouvernement. « Nous devons dire à présent au peuple grec que la situation est sérieuse, qu’aucun pays de l’Union européenne ne pourra débloquer ne serait-ce qu’une parcelle de ces 130 milliards d’euros que nous avons mis à la disposition des Grecs s’il n’y a pas de gouvernement en état de fonctionner, qui respecte les règles établies et gère l’argent qui est versé », a-t-il dit lors d’un colloque à Bruxelles.

Le sujet devrait être à l’ordre du jour de la réunion des ministres des Finances de la zone euro lundi.

(avec afp, belga)