Electrabel ferme la centrale de Ruien et une unité à Liège

Rédaction en ligne

mercredi 16 mai 2012, 17:39

132 emplois sont menacés par la fermeture de la centrale Electrabel de Ruien (Flandre orientale) et Awirs (Liège). « GDF veut montrer qu’il va sans doute privilégier sa production en France », selon les travailleurs du site.

Electrabel ferme la centrale de Ruien et une unité à Liège

L'unité des Awirs

Electrabel a annoncé la fermeture de trois unités de production (capacité de réserve) : Awirs 5 (gaz), qui emploie 27 travailleurs, et Ruien 5 (charbon, biomasse) et 6 (gaz), où travaillent 105 personnes.

L’annonce par Electrabel de la fermeture à l’horizon 2013 de la centrale électrique des Awirs à Flémalle en région liégeoise a surpris les travailleurs du site, qui, selon Christian Jacobs, président national de la CNE secteur gaz-électricité, « ne s’y attendaient pas du tout ».

« Avec la hausse du prix du gaz et le bras-de-fer avec le gouvernement sur le prix de l’électricité, la rentabilité des vieilles centrales à gaz comme celle des Awirs passerait par des investissements lourds que l’entreprise n’a visiblement pas envie de faire », poursuit-il.

« Au-delà, je pense que c’est aussi un signal envoyé par le groupe GDF-Suez à la Belgique, au moment où l’on envisage la sortie du nucléaire. GDF veut montrer qu’il va sans doute privilégier sa production en France ».

Des discussions avec la direction

Les organisations syndicales vont maintenant entamer des discussions avec la direction sur l’avenir de la trentaine de travailleurs concernés par la fermeture aux Awirs. A la CNE, on rappelle que les travailleurs du secteur bénéficient de la garantie d’emploi : « Ils doivent être recasés dans d’autres sites du groupe ou, au pire, bénéficier de conditions de départ très intéressantes ».

Dans l’immédiat, les travailleurs ne devraient donc pas mener d’actions. Outre la centrale au gaz qu’elle s’apprête à fermer, Electrabel exploite aussi sur le même site des Awirs une centrale à pellets de bois qui, elle, n’est pas directement menacée.

Des raisons économiques selon la CSC

Selon la CSC, la direction motive la fermeture de ces deux entités par des raisons économiques. De son côté, Electrabel pointe différents facteurs, dont l’introduction de taxes fédérales sur le carbone en 2007, la diminution de moitié des certificats verts octroyés en Flandre aux centrales stockant de la biomasse ou encore l’introduction, par Elia, de nouveaux tarifs d’injection. « Sur base de ces éléments, Electrabel a informé le SPF Economie, la CREG et Elia, de son intention de fermer la centrale de Ruien et l’unité d’Awirs 5, à Liège », a confirmé une porte-parole.

« Inacceptable »

Electrabel a par ailleurs indiqué vouloir tout mettre en œuvre pour permettre un reclassement des travailleurs concernés au sein de l’entreprise ou du groupe. Des mesures d’accompagnement adaptées seront également prévues, a poursuivi la porte-parole. La concertation sociale à ce sujet a débuté ce mercredi. « Une perte d’emploi dans une entreprise de la taille d’Electrabel n’est pas acceptable. Et en tant que syndicat, nous ne pouvons pas accepter que l’on juge, sur la rentabilité, chaque petite entité séparément », a réagi le syndicat chrétien.

(avec belga)