Les marchés européens résistent malgré les agences de notation

Rédaction en ligne

vendredi 18 mai 2012, 12:52

Les Bourses européennes reculent sans céder à la panique, malgré le coup de semonce des agences de notation à l’encontre de la Grèce et de l’Espagne et les craintes de plus en plus vives d’une sortie d’Athènes de la zone euro.

Les marchés européens résistent malgré les agences de notation

©AP

« Les agences de notation nous ont habitués à ce genre d’annonces. Elles ne surprennent plus le marché et on voit bien qu’il n’y a aucun effet panique ce matin à l’ouverture », notait Yves Marçais, vendeur d’actions chez Global Equities.

Jeudi, le couperet des agences est tombé après la fermeture des marchés en Europe : Fitch a abaissé d’un cran la note à long terme de la dette souveraine de la Grèce, à « CCC », et Moody’s a sanctionné 16 banques et quatre régions espagnoles.

Vers 10h30, au lendemain d’une séance difficile, la Bourse de Paris reculait de 0,99 %, celle de Londres de 0,82 %, tandis que Francfort perdait 0,77 %. Madrid était en légère baisse de 0,15 %.

Selon les analystes, l’attention des investisseurs devrait être davantage retenue par le sommet du G8, hébergé vendredi et samedi par le président américain Barack Obama.

L’ordre du jour sera dominé par la crise de la dette en zone euro, face à laquelle Washington préconise, à l’unisson de certains dirigeants du vieux continent, une politique davantage orientée vers la croissance.

Si les annonces des agences de notation épargnaient les marchés européens, les Bourses asiatiques en ont en revanche fait les frais, plongeant pour certaines de quelque 3 % en fin de séance, comme Tokyo (-2,99 %) et Séoul (-3,40 %). Hong Kong a fini en baisse de 1,30 % et Shanghai de 1,44 %.

Alors que l’éventualité d’une sortie de la Grèce de la zone euro est envisagée de plus en plus ouvertement ces dernières semaines, Fitch a estimé qu’il existait un « risque accru que la Grèce ne soit pas en mesure de maintenir sa participation à l’Union économique et monétaire ».

Dans l’ombre de l’austérité

Le maintien du pays au sein de la zone euro est compromis par la montée en puissance des partis anti-austérité qui pourraient accéder au pouvoir après les prochaines législatives prévues le 17 juin.

Le FMI, bailleur de fonds d’Athènes, a annoncé qu’il suspendait ses contacts avec le pays jusqu’aux élections, et qu’il ne travaillerait pas avec le nouveau gouvernement provisoire, nommé jeudi à Athènes pour expédier les affaires courantes.

Le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble a de son côté réaffirmé vendredi son souhait de voir la Grèce rester dans la zone euro, ajoutant que « cela présupposait que la Grèce fasse de son côté ce qui est nécessaire » pour connaître « un développement économique plus sain ».

En Espagne, Moody’s a abaissé jeudi la note des banques d’un à trois crans, avec trois crans pour Santander et BBVA, les deux plus grandes banques du pays, justifiant sa décision par les difficultés de l’économie du pays et du secteur financier en général.

Le taux de créances douteuses des banques espagnoles, principalement des crédits immobiliers susceptibles de ne pas être remboursés, a atteint en mars un nouveau record depuis 1994, représentant 8,37 % du total de leurs créances, selon les chiffres publiés vendredi par la Banque d’Espagne.

Moody’s a par ailleurs dégradé la note de quatre régions espagnoles, dont la Catalogne alors que Madrid vient d’approuver les plans d’austérité présentés par 16 des 17 régions du pays. Ces plans prévoient 18 milliards d’euros d’économies afin de réduire leur déficit de moitié cette année.

Ces mauvaises nouvelles pénalisaient l’euro qui valait 1,2685 dollar vers 10H30 (08H30 GMT), les investisseurs lui préférant des valeurs jugées plus sûres comme le yen ou le dollar.

De même, le taux à 10 ans du Bund allemand, valeur refuge par excellence en temps de crise, évoluait à un plus bas historique, sous les 1,4 % pour la première fois depuis la création de la zone euro. (D’après AFP)