Facebook attendu au tournant après des débuts décevants à Wall Street

Rédaction en ligne

dimanche 20 mai 2012, 19:17

Le titre Facebook sera particulièrement scruté lundi à la Bourse de Wall Street où il lui reste encore beaucoup à prouver, malgré les 104 milliards de dollars de valorisation du groupe.

Facebook attendu au tournant après des débuts décevants à Wall Street

AFP

A la veille de la reprise du Nasdaq, les analystes restaient circonspects, alors que l’entrée en Bourse si attendue vendredi s’est terminée sur une déception. Le titre n’a arraché qu’une maigre progression de 0,61 % pour finir la séance à 38,23 dollars, soit 23 cents au-delà du cours d’introduction.

Pour certains experts, la cotation finale a prouvé que le prix de départ était bien ajusté et permettait ainsi d’éviter les attentes irréalistes qu’engendrent des départs fulgurants. Pour d’autres, la réception plutôt tiède des investisseurs a montré que ceux-ci ont retenu la leçon de la frénésie « .com » des valeurs internet. Ils veulent maintenant savoir si la popularité du réseau social aux 900 millions d’utilisateurs peut se traduire en bénéfices.

Trop d’actions ?

« Je pense que les banques pilotant l’opération ont incité Facebook à offrir trop de titres », assure l’analyste Michael Pachter de Wedbush Securities : « Le marché n’avait pas suffisamment d’appétit » pour toutes ces actions. Facebook mettait sur le marché 421 millions d’actions, pour une opération à 16,02 milliards de dollars, la plus grosse pour une valeur internet, la deuxième plus grosse pour une valeur américaine tous secteurs confondus, qui le valorisait à 104 milliards de dollars.

Handicap pour le groupe pour attirer les investisseurs, les spécialistes de marketing ont pointé le fait que les internautes cliquaient plus facilement sur les publicités publiées par Google que sur celles publiées par Facebook. Le monde de la pub « s’aperçoit de plus en plus que Facebook est d’un intérêt limité pour des opérations de marketing », affirme Larry Chiagouris, professeur à l’école de commerce de la Pace University. « Le meilleur conseil pour les investisseurs, c’est de passer son tour », dit-il, et « le meilleur conseil pour les publicitaires, c’est de limiter leurs investissements jusqu’à ce que Facebook prouve qu’il peut ramener des résultats significatifs ».

Le géant doit aussi montrer sa capacité à rentabiliser son utilisation via les smartphones ou tablettes car pour le moment, les publicités étant diffusées sur le site ne le sont que sur les ordinateurs de bureau ou portables. Le fondateur du réseau Mark Zuckerberg en a fait une priorité.

Chacun se demande si Facebook sera un investissement aussi judicieux que l’a été Google en 2004. « Si l’action Facebook suit la route de Google, c’est sûr, on va sabrer le champagne dans la Silicon Valley », résume l’analyste Joshua Raymond de City Index.

(afp)