Pression fiscale record : « Rien à voir avec la crise »

Rédaction en ligne

jeudi 24 mai 2012, 19:24

La pression fiscale et parafiscale est plus forte que jamais en Belgique. « Ce n'est parce que sa sécurité sociale est également l'une des plus généreuse du monde » estime Giuseppe Pagano. Pour Tony Demonté, « les taxes sont mal réparties ».

Pression fiscale record : « Rien à voir avec la crise »

Les Belges paient plus de taxes qu'en 2011. C'est ce qu'il ressort du dernier rapport du Bureau du Plan sur les perspectives économiques 2012-2017. Cette hausse de la pression fiscale est principalement due aux mesures prises par le gouvernement Di Rupo pour redresser les finances publiques.

La faute de la crise financière ? « L'augmentation de la taxation n'est pas liée à la crise, les deux sont indépendants » explique Giuseppe Pagano, chef du Service de Finances publiques et de fiscalité de l'Université de Mons. Cette hausse est due aux mesures prises par le gouvernement Di Rupo pour redresser les finances publiques. Selon le docteur en sciences économiques « c'est inévitable et presque normal ». Il ne s'agit pas d'un choix mais d'une nécessité « pour assainir les finances publiques », explique-t-il.« Pour ramener à 0 le déficit budgétaire, l'État doit soit diminuer les dépenses, soit imposer plus. »

La Belgique est aussi plus taxée que les autres pays de la zone euro : la pression fiscale était en 2011 de 43,4 % contre 40,9 chez nos voisins. « La Belgique a toujours eu l'un des taux d'imposition les plus élevé au monde » reconnaît Giuseppe Pagano, « mais elle a aussi l'une des politiques de sécurité sociale les plus généreuses au monde ».

« Les taxes sont mal réparties »

Du côté de la centrale nationale des employés (CNE), on rappelle que les impôts ne financent qu'une part minime de la Sécurité sociale, qui repose en grande partie sur les cotisations sociales des travailleurs. « On manque d'impôts à consacrer au service public. Les personnes ne prennent pas conscience que moins d impôts signifierait moins de moyens pour les enseignants, les transports, les chemins de fer, les routes » explique Tony Demonté secrétaire général adjoint de la CNE, « les pays avec les plus hautes fiscalités sont aussi ceux avec la meilleure qualité de vie. Il y a un lien direct entre la fiscalité, le bien-être général et l'espérance de vie. »

Selon le directeur de la CNE, les taxes ne sont donc pas trop élevées en Belgique mais elles sont mal réparties. « Le problème c'est que les grosses fortunes échappent aux impôts. La pression fiscale est trop haute pour les personnes avec les revenus les plus bas, mais c'est un paradis pour d'autres. »

En ligne de mire également du directeur de la CNE, les transactions financières. « Elles se font à un taux zéro alors qu'elles brassent des sommes considérables ».

À l'inverse, « diminuer les impôts des personnes à petits revenus aurait un impact positif sur l'économie, ces personnes consommeraient d'avantage. »

Jennifer Fileccia (St.)