L’euro en baisse, cela change quoi ?

STAGIAIRE

vendredi 25 mai 2012, 19:11

Les produits électroniques et les achats on-line seront plus chers. Mais à chaque inconvénient son avantage, explique l’économiste Etienne de Callataÿ.

L’euro en baisse, cela change quoi ?

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Pour la première fois depuis début juillet 2010, l’euro est passé sous le seuil de 1,25 dollar. En cause, les incertitudes sur l’avenir de la Grèce au sein de la zone euro et les risques de contagion de la crise à d’autres pays, comme l’Espagne. Mais plus concrètement, cela change quoi ? Etienne de Callataÿ, économiste, l’explique.

Des produits étrangers plus chers

Lors que l’euro est faible, les exportations belges deviennent plus compétitives. En revanche, il est moins intéressant d’importer. En conséquence, les produits qui s’échangent le plus souvent en dollars seront plus chers pour les consommateurs belges.

Cela concerne principalement les produits informatiques et la hi-fi. Ce n’est donc pas le moment d’acheter votre nouvel ordinateur portable. « Sauf que dans les faits, explique Etienne de Callataÿ, les magasins relèveront certainement leur prix mais pas de façon proportionnelle. Ils évitent ainsi de décourager le consommateur. Ils sont généralement prêts à réduire leur marge pour assurer leur volume de vente mais cela varie d’un producteur à l’autre. » Ce qui est plus immédiat, par contre, ce sont les effets sur les achats on-line effectués en dollars. Pas vraiment le moment de faire des affaires…

Autre secteur directement touché, celui de l’énergie. Puisque le pétrole est acheté en dollars, l’essence ainsi que le mazout augmenteront certainement.

Des avantages de taille

« En ce qui concerne les avantages, l’euro faible augmente la compétitivité belge » assure l’économiste. Les consommateurs étrangers préféreront acheter des produits européens et donc belges. Le tourisme en bénéficiera également. « Le voyageur japonais préférera passer ses vacances en Europe qu’aux Etats-Unis, par exemple. » précise-t-il. Une aubaine pour les hôteliers, les commerces, et un plus pour l’économie belge.

« Enfin, ajoute Etienne de Callataÿ, dans le contexte actuel, il faut plutôt se réjouir de la faiblesse de l’euro. Un euro fort handicaperait l’activité de nos entreprises, donc l’activité économique du pays et donc l’emploi. N’est-il pas mieux de payer plus cher son essence, mais de pouvoir se réjouir que notre voisin ait trouvé un emploi ? »

L’économiste rappelle également que lors de sa création, l’euro s’échangeait à 1,16 dollar. « L’euro n’est donc pas particulièrement faible d’un point de vue historique. » conclut-il.