La Banque centrale européenne ne change pas de politique

Rédaction en ligne

mercredi 06 juin 2012, 18:09

La Banque centrale européenne (BCE), qui réunissait son conseil des gouverneurs, a laissé son principal taux directeur inchangé à 1 %, mais renouvelé son soutien aux banques de la zone euro.

La Banque centrale européenne ne change pas de politique

©Belga

Le président de la BCE Mario Draghi a admis que certains gouverneurs avaient réclamé une baisse de taux mais « je dois dire qu’ils étaient très peu », a-t-il ajouté. S’il a mis l’accent sur la situation économique peu reluisante en zone euro, les difficultés des banques de certains pays, M. Draghi a laissé entendre que cela ne justifiait pas pour autant un relâchement de la politique monétaire, lors de sa conférence de presse mensuelle.

L’institution table dorénavant sur une croissance de 1 % du Produit intérieur brut en 2013, inférieure aux 1,1 % prévus en mars, et mise toujours sur un recul de 0,1 % du PIB cette année. Ses prévisions d’inflation ont également été maintenues alors que tous les observateurs les attendaient en baisse en raison du recul du prix de l’énergie et d’une économie morose, à l’exception notable de l’Allemagne.

Après ce statu quo, les analystes s’attendent à une baisse de taux en juillet soit après les élections législatives grecques le 17 juin, et leur potentiel déstabilisateur, et plusieurs autres rendez-vous européens d’importance, dont la rencontre des ministres des Finances au Luxembourg le 22 juin et le sommet des chefs d’Etat et de gouvernement les 28 et 29 juin à Bruxelles.

La BCE renouvelle son soutien aux banques

Une stratégie destinée à maintenir la pression sur les responsables politiques européens pour qu’ils ne dévient pas de la voie du redressement budgétaire qu’ils se sont fixée. Des responsables que M. Draghi a appelés en outre une nouvelle fois à « clarifier » leur vision de l’euro d’ici cinq ou dix ans, ce qui aidera selon lui à stabiliser la situation financière de la région. Mais des analystes ont regretté que lui-même ne donne pas la vision de la BCE concernant cet avenir.

L’institution a par ailleurs clairement renouvelé son soutien aux banques de la zone euro, poursuivant sa politique accommodante de fourniture de liquidités jusqu’au moins mi-janvier 2013. Les banques pourront continuer d’emprunter à taux fixe et montant illimité sur une semaine et un mois jusque-là, et sur trois mois jusque fin décembre. Une nouvelle qui a satisfait les marchés, les principales Bourses européennes affichant une nette hausse, d’autant qu’elles anticipaient aussi une action de la Réserve fédérale américaine.

M. Draghi a en revanche signifié que son institution n’avait pas envisagé un troisième prêt sur trois ans (LTRO), après ceux de décembre et février au cours desquels elle avait attribué quelque 1.000 milliards d’euros.

« Nous devons vérifier exactement quelles sont les conditions de financement des banques. Nous ne pensons pas que toutes les possibilités offertes par le second LTRO aient été totalement exploitées », a-t-il déclaré, signalant une certaine déception.

Quant au rachat d’obligations publiques sur le marché secondaire, programme destiné à contenir l’envolée des taux des pays en difficulté, il est en sommeil depuis février, et le restera vraisemblablement encore un moment malgré la dégradation de la situation de l’Espagne confrontée à la nécessité de recapitaliser ses banques.

AFP