Après l'Espagne, l'Italie dans le collimateur des marchés

Rédaction en ligne

lundi 11 juin 2012, 22:29

Après l'Espagne, c'est l'Italie qui a été la cible des marchés ce lundi. La Bourse de Milan a chuté de 2,79 %, soit le plus mauvais score dans la zone euro, et les banques italiennes ont été fortement attaquées.

Après l'Espagne, l'Italie dans le collimateur des marchés

©AFP

Malgré le plan de sauvetage des banques espagnoles fomenté par les pays européens ce week-end, l'Europe reste la cible privilégiée des marchés financiers. Le président du Conseil italien Mario Monti l'avait d'ailleurs prévu, qualifiant le risque de contagion comme toujours « élevé ».

Ce lundi, la Bourse de Milan a perdu 2,79 %, la plus mauvaise performance européenne. Les banques italiennes ont été attaquées, ce qui a eu pour conséquence de créer de nouvelles tensions sur le marché de la dette italienne. Clairement, si ils ont laissé souffler l'Espagne, les marchés se sont reportés sur la troisième économie de la zone euro.

Deux phénomènes inquiètent les marchés :

– en premier lieu, la croissance de l'Italie, nulle, qui a évolué en récession, ce qui complique encore les moyens de remboursement de la dette italienne – d'un montant de 1900 milliards d'euros ;

– ensuite, la baisse de popularité de Mario Monti qui incarne véritablement les réformes nécessaires pour sortir l'Italie du gouffre.

Sa perte de popularité, qui reste relative (elle est toujours au-dessus de 50 %) est partiellement due au fait que les impôts locaux vont drastiquement augmenter au 15 juin afin de rapporter 21 milliards d'euros, soit la moitié des sacrifices imposés par le budget.

Les secteurs les plus touchés par la récession en Italie sont la construction (-3,2%), l'industrie (-1,6%) et les services (-1%). Seule l'agriculture s'en sort (+4,9%).

Le commissaire européen aux Affaires économiques Olli Rehn a quant à lui refusé de spéculer sur la situation de l'Italie. « Je ne veux pas spéculer. Nous avons fait des recommandations il y a deux semaines à l'Italie et elles sont toujours valides », a-t-il indiqué devant la presse.

« L'Italie a des déséquilibres importants mais le pays est en train de les corriger et prend des mesures fortes. Nous soutenons l'Italie », a ajouté le commissaire européen, après une audition au Parlement européen à Strasbourg.

DIDIER ZACHARIE avec Belga