L’Espagne poursuit dans la voie de la rigueur

Rédaction en ligne

mercredi 11 juillet 2012, 12:48

L’austérité s’accentue en Espagne. Le premier ministre, Mariano Rajoy, a annoncé un plan sévère de réduction des dépenses de près de 65 milliards d’euros, incluant des hausses de taxe et une cure minceur pour la fonction publique.

L’Espagne poursuit dans la voie de la rigueur

(Reuters)

La TVA, actuellement à 18 %, est augmentée à 21 %. Quant aux denrées alimentaires de base et autres produits de première nécessité, la taxe à la consommation reste à 4 %. Or d’autres produits, jusqu’à tout récemment taxés à un niveau moindre, subiront une hausse de la TVA de 8 % à 10 %.

Les coupes dans l’administration publique retiennent aussi l’attention. À terme, le gouvernement espagnol espère dégager des économies de 3,5 milliards d’euros. La réforme annoncée, ce mercredi, comprend entre autres une diminution de 30 % du nombre de conseillers locaux. Les entreprises publiques ne seront pas non plus épargnées, plusieurs étant appelées à disparaître dans les prochains mois au profit d’intérêts privés.

Enfin, les fonctionnaires et les hauts responsables des administrations verront certaines des primes qu’ils touchent être réduites ou encore supprimées. C’est le cas notamment du deuxième versement de la prime extraordinaire, qui ne leur sera pas accordée en 2012.

Ces nouvelles coupes, disséminées dans l’agenda du premier ministre jusqu’en 2015, font suite au dépôt d’un budget historiquement austère le 30 mars dernier. Elles surviennent par ailleurs au moment où l’Espagne vient tout juste d’obtenir un plan de sauvetage pour relever son secteur bancaire, dont le nombre de milliards reste néanmoins à déterminer. Mais dépendant des besoins du pays, l’aide totale pourrait s’élever à plus de 100 milliards d’euros. Il est déjà assuré que l’Espagne reçoive 30 milliards d’euros d’ici la fin du mois, conformément à une décision prise par les ministres de la zone euro hier à Bruxelles.

En plus de l’aide directe, l’Espagne a obtenu de ses partenaires de l’Eurogroupe la possibilité de ramener son déficit à 3 % de son PIB uniquement qu’en 2015 (6,3 % du PIB en 2012). Pour le premier ministre Mario Rajoy, les mesures d’austérité présentées aujourd’hui sont absolument nécessaires. Les concessions soutirées à Bruxelles, a-t-il justifié devant les parlementaires espagnols, sont conditionnelles à la mise en œuvre de ce nouveau plan de rigueur.

Ph.R.R. (avec AFP et AP)