PSA Peugeot Citroën a perdu 819 millions

Rédaction en ligne

jeudi 26 juillet 2012, 06:59

Ça va vraiment mal chez Peugeot Citroën. Le constructeur automobile a présenté de mauvais résultats et espère économiser 1,5 milliard d’ici 2015. Standard&Poor’s et Fitch ont abaissé la note de PSA.

PSA Peugeot Citroën a perdu 819 millions

© AFP

PSA Peugeot Citroën a levé le voile mercredi sur l’ampleur de ses difficultés financières, mises en doute par le gouvernement, avec une lourde perte au premier semestre liée à la morosité des marchés en Europe qui le conduit à tailler dans ses effectifs et ses investissements.

Le premier constructeur automobile français a essuyé une perte nette de 819 millions d’euros, contre un bénéfice net de 806 millions au premier semestre 2011, et prévoit 1,5 milliard d’euros d’économies d’ici à 2015.

La perte s’explique par la contre-performance de sa branche automobile, son coeur de métier, à quoi s’ajoutent le coût de l’arrêt de ses activités en Iran et d’autres dépréciations.

Le résultat opérationnel courant ressort tout juste à l’équilibre (4 millions d’euros, contre 1,16 milliard un an plus tôt) à cause d’une perte opérationnelle courante de la division auto de 662 millions. Elle s’explique par la mauvaise tenue des marchés européens, attendus par PSA en repli de 8 % sur toute l’année.

Ses autres activités (équipementier Faurecia, logistique avec Gefco et Banque PSA Finance) sont restées dans le vert.

Le chiffre d’affaires total a reculé de 5,1 % à 29,6 milliards d’euros.

Standard&Poor’s et Fitch abaissent la note de PSA

Ces résultats ont été immédiatement sanctionnés i par deux agences de notation. Fitch a abaissé la note de la dette long terme d’un cran, de BB+ à BB, assortie d’une perspective négative. Fitch s’est dit « particulièrement inquiet par l’ampleur de la perte opérationnelle de la division automobile » et par la consommation de trésorerie en Europe, « liées au recul du chiffre d’affaires et à une structure de coûts globalement mauvaise ».

En fin de journée, Standard and Poor’s sanctionnait aussi PSA en abaissant d’un cran, à « BB », la note de l’entreprise. Les résultats financiers du constructeur « confirment que PSA brûle des liquidités substantielles dans la pratique de son coeur de métier », a noté l’agence.

A la Bourse de Paris, l’action PSA, qui enregistrait la plus forte hausse du CAC 40 en début de matinée mercredi, a terminé en retrait de 2,50 %, à 6,08 euros, dans un marché en légère hausse (+0,23 %), après s’être inscrit en tête du CAC 40 dans la matinée, puis avoir joué au yo-yo.

Le président du directoire de PSA, Philippe Varin, a pourtant martelé lors d’une conférence de presse avoir « confiance » dans le groupe et son avenir. « PSA n’est pas au bord de la faillite », a-t-il insisté, tout en reconnaissant le « besoin de rétablir (la) rentabilité automobile ».

Les suppressions d’emploi en France sont nécessaires

Le groupe a présenté le 12 juillet un plan de réorganisation en France qui a fait l’effet d’une bombe et a valu à PSA de vives critiques du gouvernement.

La suppression prévue de 8.000 postes dans l’Hexagone, l’arrêt de la production à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) et la baisse de la production à Rennes (Ille-et-Vilaine) font l’objet d’un nouveau comité central d’entreprise (CCE) extraordinaire en cours mercredi à Paris.

PSA avait averti récemment qu’il brûlait actuellement 200 millions d’euros de liquidités par mois. En 2013, ce rythme devrait être divisé par deux.

Pour autant, le groupe estime que, face à la baisse des marchés européens, son principal débouché, son plan d’économies et de cessions d’actifs en cours ne suffit plus. « Nous sommes à mi-chemin de ce plan, à 503 millions d’euros », a précisé le directeur financier Jean-Baptiste de Chatillon.

« Nous poursuivons notre programme de cession d’actifs au deuxième semestre » avec la réduction de la part détenue dans Gefco et de nouvelles ventes dans l’immobilier, après la cession du siège parisien de l’avenue de la Grande Armée en crédit-bail.

PSA a dévoilé mercredi un nouveau plan à l’horizon 2015 de 1,5 milliard d’euros qui doit permettre « de dégager un flux de trésorerie opérationnel à l’équilibre à fin 2014 ».

Autrement dit, le groupe compte ne plus subir de saignée financière à cette date.

Outre les réductions de postes en France, dont l’impact est estimé à 600 millions, PSA va réduire ses investissements (Capex) de 550 millions d’euros.

« Nous étions à un pic d’investissements en 2011-2012 » et il était prévu qu’ils diminuent, a justifié M. de Chatillon.

Par ailleurs, 350 millions supplémentaires viendront d’une « optimisation des coûts de production » grâce à l’alliance conclue avec General Motors au début de l’année.

« Nous comptons sur notre plan 2015 pour poursuivre notre stratégie » d’internationalisation et de montée en gamme des modèles, a poursuivi M. de Chatillon. PSA vend 39 % de ses véhicules hors d’Europe, quand son concurrent national Renault en réalise 47 % hors du continent.

PSA a vendu plus en Chine, en Russie, mais a souffert en Amérique latine au premier semestre.

Le constructeur a réduit sa dette nette à fin juin à 2,4 milliards d’euros, contre 3,4 milliards un an plus tôt. Il compte la maintenir à ce niveau d’ici la fin de l’année. Le constructeur dispose aussi d’une « sécurité financière supérieure à 12 milliards d’euros », qui « nous permet d’aborder cette crise avec confiance », a assuré le directeur financier.

(AFP)