Le Liborgate a-t-il accéléré la chute de Dexia ?

Rédaction en ligne

jeudi 26 juillet 2012, 07:45

Le scandale du taux « Libor » appelé le Liborgate, ne touche pas que les banques britanniques. Une équipe de Dexia étudie l'impact de cette fraude.

Le Liborgate a-t-il accéléré la chute de Dexia ?

© Belga

Le 2 août, Karel De Boeck sera patron de Dexia. Le job ne sera pas une sinécure. Notamment en raison du « Liborgate ». La manipulation du Libor, le taux interbancaire de référence à Londres, est regardée de très près par Dexia qui pourrait en être une des principales victimes. Ces derniers jours, une équipe de Dexia planche pour calculer l'impact de cette fraude. A partir de 2007-2008, le taux a été maintenu artificiellement bas.

Cette manipulation du Libor pourrait avoir accéléré et aggravé la chute de Dexia en 2011, selon des sources internes.

En termes de résultats, l'impact n'est pas clair, et probablement limité. Cela a par contre sans doute affecté les liquidités.

Dexia avait mis en place des mécanismes de couverture du risque de taux qui lui ont causé de très gros soucis, car plus les taux baissaient, plus les contreparties de Dexia demandaient à la banque des garanties.

En octobre 2011, une bonne moitié des 90 milliards d'euros de besoin de financement de Dexia était causée par ce mécanisme. Or, les institutions qui sont citées dans ce Liborgate sont aussi les principales contreparties de Dexia. Il n'est pas exclu que le groupe aille devant les tribunaux.

Comprendre le Liborgate

Le Libor, c'est le taux auquel les banques britanniques se prêtent de l'agent entre elles, a expliqué l'économiste, Paul Jorion, au point.fr. Plusieurs banques britanniques ont manipulé ce taux. Dans la période 2004-2007, les banques ont un peu triché dans leurs déclarations, soit à la hausse, soit à la baisse. Concrètement, les traders appellent un copain dans le service qui déclare le taux et lui demandent une petite baisse ou une petite hausse, qui va arranger leurs positions de marchés.

Mais pendant la période 2007 – 2009, le mécanisme a pris une autre tournure. Les hommes politiques appelaient les dirigeants de la banque centrale, la Banque d'Angleterre, pour leur dire de faire baisser massivement le Libor et ainsi sauver le système financier.

Cela s'explique, car le taux demandé à une banque est une information sensible : il comprend une prime de risque – la part prédominante de ce taux en cas de crise –, qui reflète le degré de confiance des autres banques en sa capacité de remboursement et de versement des intérêts. Plus le risque de non-remboursement est important, plus le taux réclamé augmente.

Selon Paul Jorion, cette manipulation a pu prévenir une faillite du système financier mondial.

A lire dans Le Soir, les quatre dossiers chauds de Dexia

P.LA et P.–H.T