« La BCE n’a pas tenu ses promesses »

Rédaction en ligne

jeudi 02 août 2012, 16:48

La Banque centrale européenne (BCE) n’a pas annoncé de mesures concrètes pour combattre la crise qui accable la zone euro. « On reste dans des intentions, et non des faits. Sur les marchés, c’est la déception », explique Geert Noels, économiste chez Econopolis

« La BCE n’a pas tenu ses promesses »

AP

L’institution monétaire de Francfort « peut entreprendre des opérations sur le marché obligataire d’une taille adéquate pour atteindre son objectif », a déclaré le président de la BCE. Mario Draghi appelle toutefois les gouvernements à se préparer à faire intervenir les fonds de secours européens FESF et MES sur le marché obligataire et à poursuivre les mesures d’assainissement nécessaires. Les modalités de ces mesures seront présentées « au cours des prochaines semaines ».

Les déclarations de Mario Draghi vont-elles rassurer les marchés ?

Geert Noels (Econopolis) : « Mario Draghi avait fait des promesses auxquelles les marchés avait réagi très positivement la semaine dernière. Mais ces promesses ne sont pas tenues. Le président de la Banque centrale européenne a parlé trop vite. La semaine passée, c’était la fête, maintenant, c’est la douche froide. »

Qu’avait promis le président de la BCE ?

Geert Noels : « Les propos de Mario Draghi avait laissé croire que la BCE allait ouvrir les robinets et intervenir sur le marché obligataire secondaire. Mais dans son discours aujourd’hui, tout est mis au conditionnel. On reste dans des intentions, et non des faits. Sur les marchés, c’est la déception.

Mario Draghi avait fait des promesses qui allaient dans un sens favorable pour les pays du Sud (Espagne, Italie, Grèce, Portugal) : la BCE allait devenir une banque de support. Mais les Allemands se sont toujours montrés opposés à ce que la BCE intervienne sur le marché obligataire. Cela ne fait pas partie de ses prérogatives. Tant que la BCE est à Francfort, ce n’est pas prêt de changer. »

Les Bourses européennes ont plongé dans le rouge jeudi juste après l’intervention du président de la BCE Mario Draghi, déçues que celui-ci n’ait annoncé aucune décision immédiate pour apaiser les tensions en zone euro.

La Bourse de Madrid a particulièrement accusé le coup, chutant de 4,74 % vers 16H30, après avoir franchi la barre des 5 %. A la même heure, le CAC 40 de la Bourse de Paris était en recul de 1,80 %, la Bourse de Francfort de 1,73 % et Milan lâchait 3,23 %. En revanche, la Bourse de Londres résistait relativement bien, reculant de 0,71 %. La Bourse de New York a également ouvert en baisse : le Dow Jones perdait 0,22 %, le Nasdaq 0,81 %.

ClDD