Un possible défaut à Doel
MICHEL DE MUELENAERE
mercredi 08 août 2012, 11:11
Le réacteur nº3 de la centrale nucléaire est momentanément à l’arrêt. L’Agence fédérale de contrôle nucléaire a demandé une enquête supplémentaire.
Belga
MICHEL DE MUELENAERE
mercredi 08 août 2012, 11:11
Belga
L’information date du 26 juillet mais, jusqu’à présent, les raisons de la mise à l’arrêt forcée du réacteur nº 3 de la centrale nucléaire de Doel restaient inconnues. Le voile a été levé, mardi soir, par l’Agence fédérale de contrôle nucléaire. Les inspections, encore préliminaires, indique l’AFCN, ont permis de « détecter sur la cuve la présence de très nombreuses indications qui pourraient s’assimiler à de potentielles fissures ». L’arrêt de la centrale sera maintenu (au moins) jusqu’au 31 août, poursuit l’organisme de contrôle nucléaire. Durant tout ce temps, assure l’Agence, « le réacteur est maintenu à l’arrêt et le combustible nucléaire a été déchargé. Il n’y a donc aucun danger pour la population, les travailleurs et l’environnement ».
D’une puissance de 1.000 MW, détenue à 90 % par Electrabel, Doel 3 n’est pourtant pas le réacteur nucléaire le plus ancien du pays. Il a été mis en service en 1982 (contre 1974 et 1975 pour Doel 1 et 2 et Tihange 1). Comme c’est la règle, tous les 12 à 18 mois, les installations ont été soumises à un contrôle approfondi ainsi qu’à des opérations d’entretien et de maintenance. Lors de ce contrôle, « Electrabel a notifié rapidement un certain nombre de constatations anormales dans le cadre des contrôles ultrasoniques sur le réacteur ». Les contrôles ultérieurs réalisés au moyen d’un autre type de sondes ont permis de dégager des « indications sérieuses » permettant de songer à des fissures.
La cuve du réacteur de Doel est, en sa partie intérieure, un gigantesque cylindre en acier de 13 mètres de haut et de 4,4 mètres de diamètre. Son poids : 330 tonnes pour une épaisseur de 20 centimètres. C’est là que circule l’eau du circuit primaire principal à travers le cœur, où elle est chauffée par le combustible nucléaire. Un endroit particulièrement sensible de la « bouilloire » atomique donc.
L’AFCN précise que le réacteur de Tihange 2 sera inspecté dans le courant du mois de septembre, à l’occasion d’une révision planifiée. Sa cuve est de la même nature et forgée par le même constructeur que celle de Doel 3. Celui de Tihange 1 subira le même sort en 2013. De même, à terme, que les cuves de Doel 4 et Tihange 3. « L’AFCN donnera seulement une autorisation de poursuivre l’exploitation si des arguments convaincants sont fournis », indique-t-elle.
Rappelons que, début juillet, le gouvernement a approuvé la proposition du secrétaire d’État à l’Énergie, Melchior Wathelet (CDH) : fermer en avril 2016 les centrales nucléaires de Doel 1 et Doel 2 et prolonger jusqu’en 2025 celle de Tihange 1.