« L'épargne des Belges est un problème pour l'économie »

Rédaction en ligne

jeudi 09 août 2012, 08:38

Avec la crise, les Belges placent de plus en plus leur argent sur leurs comptes épargne mais les économistes mettent en garde : trop épargner peut nuire à l'économie.

« L'épargne des Belges est un problème pour l'économie »

© Belga

Les Belges avaient placé fin juin 227,6 milliards d'euro sur leurs comptes épargne, un montant record, selon des chiffres de la Banque nationale. Mais cette folie de l'épargne a aussi un revers, avertissent des économistes dans les pages des quotidiens De Standaard et Het Nieuwsblad.

L'an dernier le total des fonds placés sur des comptes épargne avoisinait les 218 milliards d'euros. Il a augmenté de 4,1 % durant les six premiers mois de 2012 mais c'est depuis la crise de fin 2008 que la folie de l'épargne a pris son envol, avec un apport d'environ 85 milliards d'euros, soit une hausse de près de 63 %. « La propension accrue des ménages à placer leur argent s'explique entièrement par le sentiment de crise », explique Bart Van Craeynest, un économiste, dans De Standaard. « Et les mois à venir ne vont pas inverser la tendance, au contraire ! ».

« C'est rationnel mais c'est un problème »

Les économistes mettent toutefois en garde contre le revers de cette tendance : une hausse de l'épargne signifie moins de dépenses et donc une baisse de la demande, ce qui est néfaste pour l'économie. « Ce qui paraît rationnel pour les familles qui craignent de perdre leurs emplois ou de voir la zone Euro exploser est un gros problème pour l'économie », préviennent les économistes.

L'argent économisé n'est pas investi, les entreprises vont donc moins produire, faire moins d'investissements et si cela persiste engageront moins. Ainsi la tendance tout à fait rationnelle d'épargner, peut conduire à votre propre licenciement, explique Bart Van Craenest dans de Standaard et Het Niewsblad. « Plus d'épargne signifie moins d'investissement et de consommation ».

L'économiste Johan Van Gompel, spécialiste au sein de KBC, quant à lui explique que si les familles ont des économies, elles placent leur argent dans l'immobilier. L'argent ne fait que transiter d'un compte à l'autre. Par conséquent, les prix continuent d'augmenter légèrement, tandis que partout ailleurs en Europe, ils ont fortement diminué.

Si les familles faisaient construire par exemple, cela stimulerait le secteur de la construction.

P.LA (avec Belga)