ArcelorMittal sanctionne Cockerill

BENOIT JULY

lundi 17 septembre 2012, 14:46

La direction d’ArcelorMittal à Liège a annoncé lundi matin aux travailleurs qu’elle retirait son plan d’investissements pour la phase à froid.

ArcelorMittal sanctionne Cockerill

AFP

Syndicats et direction de Cockerill s’opposent sur la clôture de la procédure Renault de licenciement collectif des travailleurs de la phase à chaud. Sanction d’ArcelorMittal : arrêt immédiat des commandes pour le « packaging » et annulation des investissements prévus dans le « froid ».

Le communiqué d’Arcelor Mittal

« Malgré tous les efforts développés jusqu’à ce dimanche soir, un accord unanime n’a pas été trouvé sur la finalisation de la procédureRenault pour fin octobre. Nous en avons informé la Direction des Aciers Plats Carbone.

En conséquence et comme annoncé, le plan industriel mis sur la table par ArcelorMittal, soutenu par un plan d’investissements de 138 millions d’euros a été retiré par le Groupe ce lundi matin. La prise de commande pour les produits du fer-blanc a également été arrêtée.

La Direction d’ArcelorMittal Liège a mis toute son énergie pour tenter d’arriver à un accord permettant de consolider les outils restant dans la sidérurgie liégeoise, représentant plus de 2000 emplois. Nous regrettons profondément cette situation, qui avait pourtant été très clairement expliquée à l’ensemble du personnel et à leurs représentants durant les discussions. »

En négociations depuis jeudi dernier afin de s’entendre sur les modalités de départ des 795 travailleurs condamnés par la fermeture de la phase à chaud, les syndicats et la direction de Cockerill ne sont pas parvenus à s’entendre sur la clôture de la procédure Renault.

« La direction du groupe avait prévenu qu’il fallait un accord, près d’un an après l’annonce de l’intention de fermeture, et qu’à défaut de celui-ci il y aurait des sanctions », précise Etienne Botton, directeur de la communication d’ArcelorMittal Liège. « Ces sanctions sont tombées : arrêt des commandes pour les lignes du packaging et annulation du plan d’investissement de 138 millions prévus pour pérenniser les usines du froid. »

Et le porte-parole de préciser : « C’est très sérieux. Le groupe se demande si, oui ou non, Liège veut encore travailler avec ArcelorMittal. Et c’est d’autant plus inquiétant quand on sait que le site de Liège a enregistré une perte opérationnelle de 427 millions d’euros sur les 12 derniers mois. »

Côté syndical, on estime que l’ultimatum posé par la direction était intenable. « Impossible de négocier avec le couteau sur la gorge un plan social et un plan industriel de manière crédible d’ici le 31 octobre », affirme Jean-Luc Rader (FGTB). « On nous demande d’accepter un plan industriel pour le froid, mais sans aucune garantie, et de renoncer à tout recours individuel ou collectif contre la phase Renault alors que la direction a augmenté en cours de route le nombre de travailleurs menacés de 581 à 795 personnes. »

La suite des opérations ? « Des assemblées générales sont en cours », commente Jordan Atanasov (CSC). « Le blocage est réel et il est très complexe car on touche aussi à des matières juridiques. Mais, en l’état, je ne vois pas comment en sortir sans retourner à la table de négociations : ArcelorMittal frappe où cela fait mail, il met brutalement ses menaces à exécution, mais on n’a pas le choix, il faut continuer à discuter. »

A court terme, quelque 180 personnes sont directement menacées si ArcelorMittal détourne bien au profit d’autres usines du groupe le carnet de commandes du fer blanc (« packaging »). A plus long terme, ce sont 2.000 personnes qui sont menacées si la phase à froid ne bénéficie plus d’aucun investissement. Mais il s’agit d’une hypothèse qu’aucune des parties ne peut envisager, dès maintenant, sérieusement.