ArcelorMittal : « La Région pourrait vendre ses actions »

BENOIT JULY

mercredi 19 septembre 2012, 15:13

Le « business plan » étudiant la rentabilité d'un Cockerill indépendant d'ArcelorMittal a été présenté ce matin au Gouvernement wallon. Pour financer les investissements, la Région pourrait vendre ses actions ArcelorMittal.

ArcelorMittal : « La Région pourrait vendre ses actions »

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Soumis à la pression des syndicats qui veulent savoir si leur projet alternatif à la fermeture de la phase à chaud liégeoise sera soutenu par la Région wallonne, le gouvernement wallon a fait réaliser un « business plan » afin de tester la viabilité d'un Cockerill indépendant d'ArcelorMittal. En clair : un petit sidérurgiste « intégré », dont la phase à chaud alimenterait les usines de finition du froid.

C'est ce business plan qui a été présenté, en comité restreint, ce matin aux ministres wallons. Plusieurs hypothèses de marché ont été analysées par ce consultant, la moins défavorable selon nos informations anticipant un volume de production inférieur de 20 % à celui de 2011, et la plus défavorable anticipant une dégradation complète du carnet de commandes, les clients actuels d'ArcelorMittal refusant en quelque sorte de se faire livrer par le Cockerill « new look » indépendant.

Un équilibre d'ici 3 ans pour la sidérurgie liégeoise ?

Dans l'hypothèse la moins défavorable, le sidérurgiste liégeois pourrait espérer atteindre l'équilibre d'ici 3 ans. Et ce, en tenant compte des investissements qui devraient être réalisés pour remettre la phase à chaud (tournant avec un seul haut-fourneau) à niveau, soit « plusieurs centaines de millions d'euros. »

Des actions qui valent une centaine de millions d'euros

Comment financer cela dans le contexte de crise actuelle ? « La Région pourrait vendre sa participation dans ArcelorMittal, qui au cours actuel vaut une centaine de millions d'euros, pour en injecter le fruit dans Cockerill », précise notre source. Pour rappel, cette participation est le reliquat de la vente de Cockerill à Usinor en 1998, la Région étant devenue malgré elle, au fur et à mesure des fusions, actionnaire d'Arcelor puis d'ArcelorMittal.

Ceci étant, la Région ne s'est pas encore prononcée sur ce scénario qui implique, avant tout, qu'ArcelorMittal accepte de « céder » ses outils liégeois – une idée que la multinationale a d'emblée catégoriquement rejetée dès l'annonce de son intention de fermer la phase à chaud, en octobre dernier.

La direction déplore le piquet de grève à Ougrée

« L'arrêt de la chauffe des cowpers est une étape normale de l'arrêt temporaire d'un haut-fourneau si un redémarrage à court terme n'est pas envisagé », fait-elle savoir. « Le fait que des piquets empêchent cette opération est un exemple supplémentaire du fait que l'opposition syndicale ne permet pas de prendre les mesures nécessaires pour réduire les coûts de la mise sous cocon de la phase liquide, et ce après un an de discussion dans le cadre de la procédure Renault ».

Ce mercredi matin, de nombreux ouvriers se sont postés devant le haut-fourneau B pour protester contre cette opération. L'opération de refroidissement devrait prendre environ trois semaines.

Benoît July, P.VA avec Belga