ArcelorMittal met à nouveau la pression sur les syndicats

Rédaction en ligne

jeudi 20 septembre 2012, 07:10

La direction d'ArcelorMittal se montre peu optimiste quant à l'issue de la conciliation sociale qui a lieu ce jeudi avec les syndicats sur l'avenir de la sidérurgie liégeoise.

ArcelorMittal met à nouveau la pression sur les syndicats

Belga

Une réunion de conciliation est prévue ce jeudi matin à Seraing entre syndicat et direction d'ArcelorMittal. 2.000 emplois sont directement menacés, si les négociations entre patron et instances syndicales échouent. Le conciliateur social, Michel Preud'homme, a pour mission de remettre les parties autour de la table après l'échec des négociations sur la procédure Renault. Il s'agira sans doute de la réunion de la dernière chance, qui pourrait sauver la phase à froid liégeoise. 15 syndicalistes et 2 membres de la direction sont à la table des négociations.

Lundi, ArcelorMittal a mis à exécution sa menace, ne plus investir dans la phase à froid, si les négociations sur la fermeture de la phase à chaud ne sont pas terminées d'ici fin octobre.

ArcelorMittal ne voit pas une issue favorable à la conciliation

La direction d'ArcelorMittal fait aussi monter la pression. Mercredi, elle a déclaré qu'elle ne pense pas que la rencontre, initiée par la ministre fédérale de l'Emploi, Monica De Coninck, puisse trouver une issue favorable.

« Nous ne voyons pas à ce stade comment on pourrait concilier les positions de la Direction et des Organisations Syndicales », fait-elle savoir dans une communication interne adressée au personnel mercredi.

La Direction, qui tente par sa communication de répondre aux questions que se posent les travailleurs, explique qu'elle a besoin d'une « position unanime des syndicats pour réunir les conditions d'un dialogue social constructif ». Elle ne pourrait donc pas avancer dans la procédure uniquement avec les organisations syndicales qui se disent prêtes à signer, à savoir la CSC et la CNE, qui ont mentionné qu'elles pourraient signer « à contrecoeur ».

Une pression terrible sur les syndicats

La Direction de l'entreprise précise que, même si la FGTB et le SETCa changeaient d'avis, le groupe ne reviendrait pas avec certitude sur ses décisions. « Si aujourd'hui la position unanime des organisations syndicales était de signer le document, en tant que représentant de la sidérurgie liégeoise, la Direction apporterait cet élément nouveau au Groupe », a-t-elle seulement fait savoir.

Les responsables de l'entreprise ont également confirmé au personnel que la prise de commande de fer-blanc avait été stoppée dès lundi. Depuis lors, 3600 tonnes ont été affectées à d'autres sites.

Ils ont également précisé la procédure de refroidissement des cowpers avait été demandée et que la batterie K1 avait déjà été mise à l'arrêt.

Le fédéral et le gouvernement wallon à la rescousse ?

Le Premier ministre Elio Di Rupo affirme que le gouvernement « suit de très près la situation et accompagne le gouvernement wallon » mais la priorité est à la reprise du dialogue social entre les travailleurs et la direction d'ArcelorMittal.

Quant au gouvernement wallon, il a fait réaliser un business plan afin de tester la viabilité d'un Cockerill indépendant d'ArcelorMittal. En clair : un petit sidérurgiste « intégré », dont la phase à chaud alimenterait les usines de finition du froid.

P.LA (avec Belga)