La Région prête à racheter Cockerill pour 300 millions

BENOIT JULY

jeudi 20 septembre 2012, 17:14

Selon nos informations, le gouvernement wallon devrait rencontrer la haute direction d'ArcelorMittal la semaine prochaine. Objectif : lui proposer de se désengager de Cockerill. Le montant proposé : entre 300 et 400 millions. Le ministre Marcourt précise cependant qu'aucune offre formelle n'a été déposée. Par Benoît July.

 La Région prête à racheter Cockerill pour 300 millions

BELGA

La réprobation unanime des méthodes adoptées par ArcelorMittal, qui menace la phase à froid de Cockerill pour accélérer la fermeture du chaud, a conduit nombre de politiques à s'interroger sur la fiabilité de la multinationale. Le scénario alternatif porté par les syndicats – celui d'une sortie de Cockerill du giron d'ArcelorMittal – gagnerait dès lors du terrain.

Le gouvernement wallon n'a pas pris position de manière officielle. Mais le business plan qui lui a été présenté, portant sur la faisabilité économique d'un petit sidérurgiste intégrée en bassin liégeois, indépendant d'ArcelorMittal, aurait démontré que l'idée n'est pas complètement saugrenue.

Depuis lors, cela s'active en coulisses, au point que l'on peut se demander si la réunion en cours actuellement à Seraing entre les syndicats et la direction de Cockerill ne devient pas vide de sens.

De source sûre, on apprend que des contacts seront pris la semaine prochaine avec la plus haute direction d'ArcelorMittal afin d'« ouvrir un débat permettant au final à la Région de reprendre possession en partie ou en totalité, seule ou avec d'autres acteurs, de Cockerill. » L'objectif est clair : sortir le sidérurgiste liégeois du giron d'ArcelorMittal qui a condamné sa phase à chaud et ne souhaite plus investir dans le froid.

Pour récupérer ces outils, la Région serait prête à proposer à ArcelorMittal un prix de rachat : « de l'ordre de 300 et 400 millions », ce prix tenant compte de la déduction qui doit être faite du coût de la dépollution du site qui serait à charge d'ArcelorMittal à la suite de la fermeture à chaud.

Un prix auquel il faudrait ajouter, ensuite, le montant des investissements à réaliser pour moderniser les outils et relancer une dynamique commerciale.

A bonne source, il nous a été confirmé que des contacts auraient lieu la semaine prochaine entre la direction d'Arcelor Mittal et les autorités politiques wallonnes. Le but reste est de ramener l'opérateur à la table, le gouvernement wallon s'engageant à mobiliser ses outils économiques comme la situation le nécessite. Mais il n'y a pas, nous assure-t-on à très bonne source, de vélléité de rachat de Cockerill par la Région Wallonne. Du reste, le ministre Jean-Claude Marcourt dément lui aussi toute "offre" formelle en ce sens de la Région Wallonne. Il précise: "Comme je l'ai déjà dit, nous travaillons sur ce dossier, nous étudions tous les scénarios, nous entretenons des contacts mais le gouvernement n'a arrêté aucune décision dans ce sens. Le gouvernement prendra des décisions après avoir rencontré toutes les parties".

Avec David Coppi