Le groupe wallon Equilis va concrétiser plusieurs projets immobiliers majeurs

XAVIER ATTOUT

lundi 26 mars 2012, 15:00

Développeur commercial de premier plan, Equilis, le bras immobilier de Mestdagh, tente aujourd'hui de s'imposer sur le marché résidentiel. Le groupe carolo s'attaque à la conception de pans de villes mêlant logements, commerces et services. 2012 s'annonce comme une année charnière avec le lancement de deux projets d'envergure.

Le groupe wallon Equilis va concrétiser plusieurs projets immobiliers majeurs

Olivier Beguin, 36 ans, dirige le bras immobilier du groupe wallon Mestdagh © rené breny

ENTRETIEN

Equilis, le bras immobilier du groupe carolo Mestdagh, passe à la vitesse supérieure en 2012. Deux projets majeurs sur lesquels il planche depuis une demi-douzaine d'années arrivent en bout de course au niveau administratif. Les premières constructions de ces projets mixtes mêlant habitat (800 logements) et commerces débuteront dans les prochains mois. Un troisième projet d'envergure, le complexe commercial Just Under The Sky, est quant à lui dans les starting-blocks. Des dossiers qui feront grandir Equilis, société spécialisée au départ dans l'immobilier commercial, et qui devraient la mener doucement dans la cour des grands développeurs résidentiels.

Quatre cents millions d'euros vont d'ailleurs être levés à cet effet dans les cinq prochaines années. Rencontre avec le directeur général, Olivier Beguin, 36 ans, à la barre depuis 2009 de cette société basée à Gosselies.

2012, une année faste pour Equilis ?

Ce sera en effet une année importante. Nous avons plusieurs dossiers majeurs qui se concrétisent. À Tubize, un projet qui mêle logements (168) et commerces (6.000 m2) se terminera en juin sur le site de Fabelta. Suivront dans la foulée les premières constructions aux anciennes papeteries de Genval (395 logements, 15.000 m2 de commerces et 10.000 m2 de services) et sur le site Henricot à Court-Saint-Etienne (300 habitations et 6.500 m2 de commerces), en Brabant wallon. Sans oublier que nous espérons recevoir rapidement le permis relatif au projet de centre de commerces et de loisirs Just Under The Sky à Bruxelles (40.000 m2). Au total, 100.000 m2 sont en cours de permis. De quoi nous permettre de nous rapprocher du top 5 des développeurs résidentiels belges, alors que nous sommes un des premiers développeurs au niveau commercial.

Ces dossiers ont un point commun : la réhabilitation de chancres industriels. Une spécificité d'Equilis ou une question d'opportunités ?

Il s'agit d'opportunités qui se sont transformées en stratégie. Les friches sont un moyen d'atteindre rapidement notre objectif qui est de réaliser des projets mixtes. Ces sites sont à haut potentiel, situés à proximité d'une gare et dans un centre urbain. C'est notamment le cas à Tubize, Genval ou Court-Saint-Etienne. Le fait qu'un de nos développeurs, Eric Roubaud, avait une expérience dans le domaine de la dépollution nous a encouragés à poursuivre dans cette voie. Mais il ne faut pas tout mélanger : Equilis ne chasse pas les friches industrielles. Nous ne nous intéressons pas à n'importe quel site. Mais si le besoin s'en fait sentir, nous sommes prêts à dégager des budgets importants en matière de dépollution (NDLR : à Genval, sur le site des anciennes papeteries, plus de 20.000 m2 de terres ont été excavés, ce qui a fait diminuer le niveau d'un mètre et demi). C'est également un domaine qui permet de travailler rapidement puisqu'il n'y a souvent qu'un seul propriétaire pour un grand terrain. Les difficultés apparaissent quand le site est morcelé et qu'il faut négocier avec plusieurs propriétaires.

Comment expliquer votre passage du retail au résidentiel ?

Une volonté de diversification. Et puis, il faut avouer que le marché du retail s'essouffle en Wallonie et à Bruxelles. Les possibilités de croissance sont faibles. Par ailleurs, contrairement à d'autres, nous avons une volonté stratégique très claire de rester présent sur nos projets résidentiels. Nous serons par exemple propriétaires des espaces commerciaux. Il y a un souci de s'inscrire dans le long terme. Cela permet de rassurer le pouvoir communal et les habitants sur notre sérieux. Ce qui fait donc de nous des investisseurs et des promoteurs.

Le projet commercial Just Under The Sky qui s'implantera près du pont Van Praet, sur le site des anciennes usines Godin à Bruxelles, possède un volet environnemental très développé. Une marque de fabrique ?

Le développement durable est un élément fondamental de notre politique. On ne peut plus passer à côté de cet aspect aujourd'hui. Nous avons réalisé le plus grand développement wallon de panneaux photovoltaïques (NDLR : 8.000 panneaux) sur seize magasins Mestdagh. Nos logements posséderont également des performances énergétiques très élevées.

Plusieurs centaines de millions vont devoir être levés ces prochaines années. La puissance de Mestdagh a-t-elle une limite ?

Il est évident que l'histoire de la famille Mestdagh donne certaines garanties aux banques. La réputation de nos actionnaires n'est plus à faire. Cela facilite les négociations.

Votre avenir passe-t-il par la Belgique ou tous vos regards sont tournés vers l'étranger ?

Le champ des possibilités devient de plus en plus réduit en Belgique. Les réserves foncières s'épuisent. Surtout dans le domaine commercial. Nous avons encore un œil sur quelques sites, comme à Tournai ou à Anvers. Mais le marché étranger est devenu un objectif majeur. Nous avons l'ambition d'y réaliser la moitié de nos opérations dès 2015. Nous sommes déjà présents en Pologne où nous avons construit une centaine de logements. On lorgne les marchés ukrainiens, espagnols, français et marocains. Dans ce dernier cas, on concourt pour créer une ville entière.