Passionné par les jeux de construction dès ses 9 ans

JULIE SCHYNS

mercredi 16 mai 2012, 10:06

Passionné par les jeux de construction dès ses 9 ans

: DR

Je n'ai jamais pensé une seule seconde faire un autre métier que celui d'architecte. » Cette vocation saute aux yeux de Dominique Hardy dès l'âge de 9 ans : « Mon frère avait reçu, comme cadeau de Noël, une boîte de petites briques en plastique Idema, l'ancêtre des Lego. Je me suis plus passionné pour ce jeu de construction que lui ! »

À la fin de ses humanités, le jeune homme entame d'abord une « spéciale math » à Louvain-la-Neuve : « Mon papa n'était pas un universitaire et il ne pouvait pas envisager que ses quatre enfants n'aillent pas à l'université. Il voulait que je sois ingénieur architecte, mais les études ne m'emballaient pas plus que ça parce que la formation était moins artistique. J'ai quand même réussi l'examen d'entrée pour prouver que j'en étais capable et puis j'ai demandé à mon père de me laisser étudier où je le souhaitais. » Dominique Hardy entre alors à l'École supérieure des arts Saint-Luc de Liège, un établissement qui lui convient à merveille : « Le métier d'architecte était bien celui que j'espérais : un mélange de talents artistiques, de connaissances mathématiques et de contacts avec les gens. »

Diplômé au début des années 80, Dominique Hardy entame sa période de stage à une époque où la crise du pétrole fait rage, les gros chantiers se font rares. Il travaille pour plusieurs bureaux, notamment sur un projet d'hôpital en Arabie Saoudite, la construction d'immeubles de bureau, d'habitations. Il collabore ensuite avec un autre cabinet et réalise des agences bancaires, des commerces. Il s'occupe de la transformation d'un hôpital liégeois. « J'ai eu une formation complète, j'ai appris à aimer la diversité des projets. Je me vois aujourd'hui comme un médecin généraliste. »

Prix de l'urbanisme de Liège

Avec ce bagage, l'architecte crée son propre bureau, avec deux ou trois projets sous le bras. Il remporte le prix de l'urbanisme de Liège pour la transformation d'un ancien entrepôt en appartements. Il diversifie alors ses activités en se tournant vers l'urbanisme, « à un moment où très peu d'architectes s'y intéressaient, ajoute-t-il. Ce qui m'intéresse, c'est de créer quelque chose qui marque le paysage ou la vie des gens. Je pars du rêve d'une personne pour le concrétiser, tout en me faisant plaisir. Je suis un amoureux de la lumière, des jeux de couleur… Malheureusement, tous les beaux rêves sont souvent égratignés par la lourdeur administrative, les contraintes budgétaires… Tout ça nuit à la créativité. J'essaye de ne pas travailler avec plus de quatre personnes au sein du bureau, sinon je deviens un agent commercial qui cherche des projets pour ses collaborateurs. Or c'est important pour moi de continuer à créer et d'assurer le suivi de mes propres projets. »