Entretien - Olivier Carrette : « Le salon ressemble au Mipim »

BRIGITTE DE WOLF-CAMBIER

vendredi 18 mai 2012, 11:45

Olivier Carrette est l'administrateur délégué de l'Union professionnelle du secteur immobilier (Upsi), qui regroupe les promoteurs-constructeurs, lotisseurs et investisseurs immobiliers de Belgique.

L'Upsi est présente au salon Realty et pour la première fois, associée à la Confédération Construction. Un must pour vous ?

Realty ressemble au Mipim, mais concerne davantage les pays limitrophes. Ce salon donne la possibilité aux promoteurs, investisseurs, consultants, avocats, fonds de pension, sicafi… et aux représentants des autorités publiques, locales, régionales et fédérales de se rencontrer de manière informelle, d'échanger des informations et des idées. Le monde évolue. La concurrence est de plus en plus féroce. La frontière entre les différents segments de marché (logements, commerces, bâtiments logistiques…) est devenue plus malléable. Elle requiert davantage de flexibilité.

Et de nouveaux modèles de fonctionnement ?

Les caisses de l'Etat sont vides. Il faut trouver des solutions. Il est nécessaire de construire des écoles, des crèches, des logements, des commissariats de police, des prisons… Dans le passé, l'Etat assurait le financement. Aujourd'hui, on se tourne de plus en plus vers le privé. Ces partenariats public-privé permettent de travailler ensemble et de construire des bâtiments de qualité. Mais ils doivent être équilibrés et réalisés de manière claire et transparente.

Le secteur privé est-il lui aussi confronté à des problèmes de financement ?

Oui. Avec la crise financière, le financement bancaire s'est fortement réduit et l'obtention du crédit est devenue plus difficile. Les promoteurs, les investisseurs doivent de plus en plus avancer des fonds propres et avoir les reins solides. Mais il y a un côté positif. Le marché tend vers une plus grande professionnalisation, ce qui donne plus de garanties aux consommateurs.

Quels dossiers préoccupent actuellement l'Upsi ?

La circulaire fiscale anti-abus du ministre Steven Vanackere a entraîné une grande insécurité juridique et suscité de la nervosité dans les rangs des investisseurs immobiliers. Le risque est que cette loi soit une loi fourre-tout et que toutes les transactions qui ont eu lieu dans le passé puissent être remises en cause. Il faut savoir que les « share deals » (ventes d'actions de sociétés immobilières) et les « split deals » (démembrement de propriétés : droits d'emphytéose, de superficie…) sont des structures acceptées dans le passé par l'administration. La taxation immobilière (droits d'enregistrement, taux de TVA) est très élevée dans notre pays. En tant qu'union professionnelle, nous plaidons pour une fiscalité immobilière plus simple ne nécessitant pas l'utilisation de constructions juridiques pour l'optimaliser.

L'obligation, à partir du 1er janvier 2015, pour tous les locaux neufs affectés à l'habitation individuelle, aux bureaux et aux services ainsi qu'à l'enseignement en Région bruxelloise d'avoir une qualité de type passif nous inquiète également. Selon nous, la réglementation a été prise trop rapidement sans tenir compte des spécificités du secteur immobilier.