Une façade doit être à la fois belle et bonne

MELANIE GEELKENS

lundi 21 mai 2012, 12:01

Les rénovations de façade ont la cote chez les propriétaires. Moins pour l'amélioration esthétique du bâtiment que pour les économies d'énergie qu'elles réalisent. Plusieurs procédés sont généralement utilisés : bois composite ou traditionnel, crépi, insufflation de mousse polyuréthane dans les murs.

Une façade doit être à la fois belle et bonne

Dans un immeuble, la façade donne son cachet à l’ensemble Ce ne sont pas ces bâtisses reconnaissables entre mille de l’East Village, à Manhattan, qui nous contrediront Mais beaucoup la rénovent avant tout à des fi

On a beau se dire qu'après tout, le physique n'est que secondaire, que la beauté est finalement interne, que l'emballage est superficiel… Mais il faut bien se l'avouer : l'apparence, ça compte. Une belle maison enrobée d'une façade délabrée (ou vice versa), cela laisse toujours un peu sur sa faim.

Pourtant, si de plus en plus de propriétaires envisagent aujourd'hui de rénover la devanture de leur habitation, la première de leur motivation n'est généralement pas esthétique, mais plutôt énergétique. « Étant donné que les prix de l'énergie n'arrêtent pas de grimper, beaucoup de personnes se rendent bien compte qu'une façade bien isolée peut leur permettre, à terme, de réaliser des économies », expose Dirk Van Kerckhove, conseiller technique au sein du département « finition » de la Confédération Construction.

Or, si une rénovation par l'extérieur se révèle bien plus lourde (tant au niveau financier que du point de vue de la complexité des travaux) qu'une isolation par l'intérieur, la première option possède néanmoins quelques avantages. Comme, de manière très terre à terre, le fait de pouvoir rester chez soi le temps du chantier. Mais aussi la garantie d'augmenter davantage la performance thermique du bâtiment.

Plusieurs procédés se partagent aujourd'hui les faveurs des candidats rénovateurs. D'abord, le bois composite. À mi-chemin entre le PVC et le bois traditionnel. Facile d'entretien, résistant à la pluie, aux rayons UV, disponible dans toute une gamme de coloris, sensiblement moins coûteux que les autres formules. Il se combine de plus en plus avec de la brique ou du béton. Même si certains n'aimeront pas son aspect « artificiel ». « On voit toujours aussi beaucoup de bardage bois, poursuit Dirk Van Kerkhove. Le cèdre, par exemple, est très apprécié, car il va donner une certaine coloration au matériau. »

Autre solution : le revêtement en crépi, qui peut facilement être combiné avec des panneaux isolants et qui possède donc un bon pouvoir d'isolation. Cerises sur le gâteau : il peut être décliné en différentes couleurs et résiste bien aux agressions extérieures. « Dans certains cas, il existe aussi une solution qui ne nécessite quasiment pas de travaux, pour un prix qui plus est assez raisonnable, ajoute le conseiller technique. Il s'agit d'insuffler du polyuréthane dans les murs. Pour cela, il suffit de forer quelques trous. Mais cela ne convient qu'à certains types de maisons, qui ont des murs creux. C'est généralement le cas dans les vieilles maisons, qui ont par exemple été construites dans les années 50. »

Quelle que soit la technique retenue, avant de lancer le chantier, mieux vaut faire un petit détour par l'administration communale. Même si les règlements urbanistiques ont globalement tendance à s'assouplir, certaines entités restent plutôt strictes, tant du point de vue esthétique qu'au niveau des matériaux à utiliser.

Qui sait, vous apprendrez peut-être par la même occasion que vos travaux peuvent être subsidiés. Car même si la déductibilité fiscale ne s'applique plus depuis le 1er janvier 2012 qu'à l'isolation des toitures, plusieurs primes subsistent au niveau régional. En Wallonie, ces avantages peuvent aller jusqu'à 62 euros du mètre carré et jusqu'à 55 euros par mètre carré à Bruxelles. Certaines communes offrent aussi des aides financières. Toujours bon à prendre !