Une ancienne bergerie à l'ambiance zen

MELANIE GEELKENS

mardi 22 mai 2012, 11:48

Dominique Imbert, fondateur de la société Focus, habite un petit village près de Montpellier. Il vit dans une ancienne bergerie qu'il a complètement rénovée. Autodidacte, il a tout imaginé seul et a conçu le mobilier lui-même. Une maison de plainpied au style épuré, où toutes les pièces cohabitent sans séparation.

Une ancienne bergerie à l'ambiance zen

Une maison au style très épuré Son propriétaire, Dominique Imbert, a tout imaginé Notamment un étonnant feu ouvert rotatif suspendu, qui est aujourd’hui vendu dans le monde entier © DR

Dominique Imbert a toujours eu un goût pour les ruines. Depuis sa première demeure jusqu'à sa dernière. En 1967, lorsqu'il démissionne de sa vie de professeur d'histoire à Paris pour venir s'établir dans le village de Viols-le-Fort, il déniche une vieille bicoque en pierre. « Sans toit, sans eau, sans électricité. La seule maison qui correspondait à mon budget ! », raconte-t-il.

C'est là, en plein cœur de ce petit hameau du sud de la France (300 âmes à peine), qu'il crée sa première cheminée « Focus ». Aujourd'hui, le « Gyrofocus », du nom de ce feu ouvert rotatif suspendu, est devenu un objet internationalement reconnu. Dans les années 60, le designer en vendait à peine 3 à 5 par an. Désormais, il en écoule 300 modèles par… mois.

Malgré la reconnaissance, les goûts de Dominique Imbert, 71 ans, sont restés immuables. Fidèle à son fief de Viols-le-Fort, il a depuis jeté son dévolu sur une autre ruine. Une ancienne bergerie de transhumance, où les moutons avaient autrefois leurs habitudes. Un bâtiment en moellons, enfoui au bout d'une longue route de terre, avec la garrigue et les Cévennes pour seul voisinage. « Lorsque j'ai racheté la bergerie, il n'y avait de nouveau ni toit ni électricité. Il n'y avait que les murs », expose-t-il.

L'artiste entreprend alors une rénovation en profondeur. Pas question de faire appel à un architecte : autodidacte jusqu'au bout des ongles (il n'a jamais suivi aucun cours de dessin ou de design), il imagine seul la transformation des lieux. Il se réserve une superficie de 100 mètres carrés. Le reste lui servira d'atelier. Il conserve l'aspect brut des murs, y intègre de larges baies vitrées en arc de cercle et quelques minces fenêtres rectangulaires. Plutôt que de cloisonner, il opte pour une pièce de vie unique. Point de hall d'entrée ou d'étage. La chambre à coucher, le salon, la salle à manger, la cuisine et la salle de bains cohabitent harmonieusement, de plain-pied, sans aucune paroi pour les séparer. Seules les toilettes s'offrent le privilège d'être cachées derrière une porte.

À gauche de l'entrée, Dominique Imbert a installé son lit. Ou plutôt son futon. Une structure carrée en bois, simplement agrémentée de quelques coussins et entourée d'étagères incrustées dans les murs. Côté droit, la salle à manger. Une table ? Des chaises ? Du mobilier bien trop classique à son goût ! Il a préféré imaginer une table incrustée dans le sol, les contours du plancher faisant office de banquette.

En face, la salle de bains, collée à la cuisine. « Pour séparer les deux espaces, j'ai réalisé des plaques courbées en acier », explique-t-il. Des plaques qui font également office d'armoire de cuisine, dissimulant l'évier, la petite table de cuisson et les trois plans de travail. Le frigo et les espaces de rangement sont quant à eux encastrés dans le mur, dissimulés derrière des lambris en bois. Enfin, dans le dernier coin de la pièce, le salon. Sans canapé ni télévision. Seulement quelques confortables poufs disposés autour d'une cheminée. Une « Focus », cela va de soi ! Lorsqu'il allume un feu, l'odeur du bois brûlé se répand dans toute la maison.

Une maison à l'aménagement étonnant, à l'ambiance zen et chaleureuse, dans un style très épuré. Les rares pièces de mobilier (qu'il a presque toutes confectionnées lui-même) se fondent dans le décor. Un design aux accents très japonais. « J'ai été profondément marqué par un voyage au Japon, effectué fin des années 80. La table, le futon… C'est sans doute de là que j'ai tiré mon inspiration. » Construire pour les autres ? « On me l'a déjà demandé. Mais je ne veux pas le faire. Après tout, je ne suis pas architecte ! »

Mais la visite de la demeure de Dominique Imbert ne serait pas complète sans un détour par le jardin. Entre les arbres se cachent d'imposantes sculptures en acier. Du « fait maison », pour ne pas changer. C'est là-bas, au milieu de la nature sauvage, qu'il aime recevoir, autour d'un bon barbecue. Car si le designer ne voyage plus beaucoup, il met par contre un point d'honneur à inviter le monde chez lui. Ses amis, comme ses relations d'affaires. « Vous êtes de passage à Viols-le-Fort ? N'hésitez pas à passer chez moi ! On se fera un bon repas. »