Jean-Claude et Nicole, Dyar Shemsi est leur petit sucre

PAOLO LEONARDI

jeudi 31 mai 2012, 12:12

Jean-Claude et Nicole, Dyar Shemsi est leur petit sucre

Jean-Claude et Nicole Boeglin sont tombés sous le charme du Maroc, un pays où la qualité de vie est sans commune mesure © DR

Les cartons de déménagement, Jean-Claude et Nicole Boeglin connaissent. Et pour cause puisqu’ils en seront bientôt à leur… 35e changement de domicile. Ayant habité à Agadir pendant un moment, ils louent depuis un an une villa à Dyar Shemsi où ils attendent leur propriété, en voie d’achèvement dans la deuxième tranche.

Mariés depuis 45 ans, ce couple de Français qui habitait dans le sud de Nîmes le dit lui-même : à part la maman de Jean-Claude, 92 ans, ils n’ont plus rien dans l’Hexagone. « Après avoir fait tout ce qu’il fallait pour nos enfants, on a décidé d’être égoïstes, sourit Jean-Claude. Nous voulions profiter des années qu’il nous reste à vivre. Ici, on a tout ce dont on peut rêver : le climat, les amis et un accueil fantastique. »

Sa vie, il l’a passée en grande partie dans le développement de complexes sucriers. Dans leur malle de grands baroudeurs, Jean-Claude, 71 ans, et Nicole, 68, ont entassé des souvenirs de la Côte d’Ivoire, du Kenya, du Maroc (Jean-Claude y planta les premières cannes à sucre en 1975), de République centrafricaine, de Martinique et de Guadeloupe. Excusez du peu ! « De tous les pays, le Maroc rassemblait le plus d’avantages, expose Jean-Claude. On y parle le français, nous sommes à deux jours de voiture de la France, Agadir est une destination low-cost qui peut être rejointe pour des cacahuètes, et même s’il fait beau une grande partie de l’année, nous avons malgré tout les quatre saisons, ce qui nous convient très bien. »

Autres avantages : la nourriture et le coût de la vie. Et sur ce sujet, c’est Nicole qui prend la parole : « Les légumes sont moins beaux à voir qu’en France mais ils sont meilleurs et presque donnés en termes de prix. Le poisson est de 25 à 30 % moins cher et la viande est à moitié prix. Au marché d’Agadir, on trouve même du porc. Enfin, les vins sont tout à fait corrects et il existe des camemberts locaux ! »

Le couple ne tarit pas d’éloges sur les amitiés tissées depuis leur installation et sur le régime mis en place par le roi Mohammed VI. « Tout le monde se coupe en quatre pour vous aider, insiste Jean-Claude. Bien sûr, tout n’est pas simple. Pour obtenir sa carte de résident, il faut ainsi remplir des formalités qui prennent de 3 à 7 mois car l’administration n’est pas rodée. Mais le jeu en vaut la chandelle, d’autant que les impôts marocains sont très avantageux pour les revenus moyens. Quant à la corruption, elle existe encore mais le gouvernement a pris le taureau par les cornes. Récemment, il a fait abattre beaucoup de maisons construites avec de faux permis ! »

Jean-Claude et Nicole ont payé leur villa de 3 chambres (160 m2) 250.000 euros, hors frais de notaire. Moyennant 100 euros par mois, leur piscine et leur jardin sont entretenus et ils disposent d’une femme de ménage deux fois par semaine. Un « luxe » qu’ils n’hésitent plus à s’accorder, bien décidés qu’ils sont à mordre à pleines dents dans leur vie de retraités.