Quand le luxe du XVIIIe se pare d'une touche contemporaine

PAOLO LEONARDI

mardi 26 juin 2012, 11:51

Un hôtel quatre étoiles installé dans une vaste maison de maître de style Empire. Un investissement de 70 millions d'euros pour ce nouvel haut lieu du luxe à Gand.

Quand le luxe du XVIIIe se pare d'une touche contemporaine

Un groupe hollandais a complètement rénové cet hôtel de maître pour en faire un hôtel de luxe A l’arrière du bâtiment (ci-dessous), la partie moderne du projet immobilier, avec des appartements pour des sé

Dans le centre historique de Gand, il est un endroit à part où le passé et le présent ont été réunis par la grâce d'un vaste projet immobilier. Ce lieu chargé d'histoire abrite le Sandton Grand Hotel Reylof, un hôtel quatre étoiles qui propose 158 chambres, dont 18 disposées côté jardin, qui sont des appartements-hôtels (ils sont tous dotés d'une cuisine et d'une terrasse). Il y a également des salles de séminaire, un centre de bien-être, un restaurant plutôt « hype » et un bar à cocktails, très branché lui aussi.

Particularité de l'hôtel : il s'est niché dans une vaste maison de maître de style empire construite en 1724, époque où elle était la résidence principale du baron Olivier Reylof, le fils d'un commerçant gantois dont on raconte qu'il était féru de poésies latines.

A la base du projet immobilier, on trouve un promoteur belge : le groupe de construction Van de Walle qui a investi au total quelque… 70 millions d'euros dans l'aventure. Parce qu'il est classé depuis 1990, l'endroit a requis de multiples autorisations. La partie ancienne – celle où l'on trouve notamment la réception et les salles de séminaires – a été restaurée dans le plus pur respect des matériaux du XVIIIe siècle. Pour ce qui est de la partie nouvelle – celle entre autres du restaurant et du bar –, seule la façade a été conservée. Abritant anciennement les bureaux de la Polyclinique, les lieux ont été détruits pour être intégralement reconstruits. « Le public ne le sait peut-être pas, mais les rideaux du restaurant sont de Christian Lacroix, les chaises proviennent de chez Rossellini, le verre du bar vient en droite ligne de Madagascar et les carrelages ont été importés d'Inde. En matière d'aménagements intérieurs, il y en a ici pour une petite fortune ! », résume avec enthousiasme Duco Heijbroek, le directeur de l'hôtel.

Confiée à WVA, une boîte néerlandaise, la déco est éclectique – elle assaisonne le style Empire à la sauce contemporaine – et, comment dire ?… osée. Oui c'est ça : osée. La combinaison de certains éléments est tantôt très réussie, tantôt fort improbable, mais une chose est sûre : vous ne trouverez nulle part ailleurs un aménagement aussi original.

Suite présidentielle

Côté confort, nous sommes ici dans le luxe pur jus. Le menu du restaurant, également accessible aux non-clients, en atteste. Même si Gand possède quatre fois moins d'hôtels que Bruges, et encore beaucoup moins qu'Anvers, elle fait l'objet d'une demande réelle de chambres de standing. Les Hollandais Rogier Braakman et Gui de Vries, créateurs de la chaîne Sandton, l'ont très bien compris. « Gand accueille plusieurs festivals dont la renommée dépasse les frontières belges, explique à ce sujet Duco Heijbroek. Et grâce aux nombreux concerts, beaucoup de chanteurs auraient aimé y loger par le passé, mais l'offre était inexistante et ils ont dû pousser dans les autres grandes villes. Ce n'est plus le cas aujourd'hui. »

On signalera à ce sujet qu'une suite présidentielle est en phase d'achèvement. Elle offrira tout le luxe qu'un convive, même fort exigeant, pourra désirer. « Le prix d'une nuitée ? Je ne sais pas encore, je suis en train de procéder à une étude, mais on pourrait monter sans problème jusqu'à 2.500 euros… », avoue notre interlocuteur.

Né en Afrique, Duco Heijbroek a roulé sa bosse dans beaucoup de pays : Tchad, Nigeria, Congo, Ghana, Singapour. Après un retour au pays pour y suivre les cours de l'école hôtelière à Almelo, il repart en Afrique pour y tenter l'ouverture d'un hôtel en Tanzanie. L'opération capote. Ce ne seront pas ses seuls déboires. « J'ai commis beaucoup d'erreurs dans ma vie, sourit-il aujourd'hui. Et j'ai parfois manqué de chance. Je me souviens ainsi d'un projet au Sénégal. A quelques jours de l'ouverture, nous avons dû tout laisser en plan car le propriétaire – un Espagnol – avait fait faillite. C'est dingue car aujourd'hui encore, l'hôtel est prêt et ne demande qu'à ouvrir ! »

Marié et père de deux enfants, Duco Heijbroek assume la fonction de manager d'hôtels depuis neuf ans. Il a rejoint le groupe Sandton l'année dernière. « Vous ne trouverez nulle part ailleurs en Belgique un projet comme celui-ci, assure-t-il. Notre établissement a obtenu la certification Breaam qui en fait l'un des hôtels les plus verts du pays. Il s'est ouvert en trois phases : la première remonte à août 2011, la deuxième à septembre et la dernière à décembre. Sur nos 18 appartements avec cuisine, sept sont aujourd'hui loués pour des longues périodes. »

Sandton Grand Hotel Reylof 36, Hoogstraat, à 9000 Gand. www.sandton.eu/gent