Petite, elle aimait construire des maisons en Lego

JULIE SCHYNS

lundi 16 juillet 2012, 16:14

Je ne sais pas comment l'expliquer mais j'ai toujours voulu être architecte. Toute petite, je construisais des maisons en Lego. » Il y a environ six ans, Elise Bodard a lancé son propre bureau d'architecture à Namur, aujourd'hui Megg Architectes, avec trois associés.

Petite, elle aimait construire des maisons en Lego

Elise Bodard Photo : DR

C'est à l'institut Victor Horta qu'elle choisit d'effectuer ses études, « parce que c'était plus académique. Au niveau conceptuel, je pense qu'on a été mieux formé. » La jeune femme débute ensuite son stage dans un petit bureau à Couvin, où elle ne restera que six mois : « Il y avait le patron et deux stagiaires, on n'était pas vraiment sur la même longueur d'onde. On faisait beaucoup de clé sur porte. C'était toujours la même chose, il ne se passait rien… J'ai alors postulé ailleurs et je suis entrée dans un autre bureau où c'était totalement différent. J'ai reçu une formation complète. On allait sur les chantiers. On faisait de l'architecture contemporaine. On m'a de suite confié des responsabilités. »

Projets de maisons unifamiliales, concours… Elise Bodard touche un peu à tout. À la fin de son stage, le bureau fusionne avec un autre, la structure devient plus importante : « Ce n'était plus la même ambiance. Avec deux autres collaborateurs, on a décidé de lancer notre bureau, une quatrième personne nous a rejoints. »

Rapidement, le bureau est sur les rails : « On a eu de la chance, on est devenu autonomes assez vite. Les maisons privées, les petites boutiques représentent 80 % de notre travail. On commence maintenant à avoir pas mal de marchés publics pour construire des logements sociaux sur Namur, dans la province du Luxembourg… On change ainsi d'échelle. C'est un tout autre aspect du métier parce qu'on travaille directement avec des professionnels. D'ici peu de temps on va penser à s'agrandir, mais pas trop, pour ne pas perdre le contact entre nous. »

Aujourd'hui, celle qui rêvait déjà lorsqu'elle était petite fille de dessiner des maisons, ne regrette pas son choix. Quoique… « Chaque projet est unique. C'est une nouvelle histoire, les semaines sont très différentes. L'aspect négatif, c'est la partie administrative ; elle est assez importante. Au final, la partie artistique ne représente que 20 % de notre métier. Parfois, il y a des semaines où on n'allume pas le programme de dessin, c'est très frustrant. Mais quand on prend un peu de recul, quand on voit les chantiers qui se terminent et surtout lorsque les clients reviennent chez nous, c'est très agréable ! » Et pour oublier les quotidiens plus difficiles, Elise Bodard se coupe de tout ce qui l'entoure : « J'aime beaucoup les randonnées, la nature et tout ce qui permet de déconnecter de manière radicale. A un moment, il faut tout couper : télévision, GSM, internet. » Sa façon de garder l'équilibre.