L'hôtellerie bruxelloise peut dormir sur ses deux oreilles

PAOLO LEONARDI

jeudi 26 juillet 2012, 16:45

En mars, la capitale comptait 163 hôtels pour 15.730 chambres. 5,9 millions de nuitées ont été enregistrées en 2011 mais d'ici à 2020, la Région veut porter ce chiffre à 10 millions. Ça va construire…

L'hôtellerie bruxelloise peut dormir sur ses deux oreilles

Une vue du salon de lecture de l’hôtel Méridien, situé en face de la gare Centrale à Bruxelles Construit en 1995, le bâtiment se plie pour l’instant à une importante phase de rénovation intérieure jug

Bruxelles a accueilli 3,1 millions de visiteurs en 2011. A titre indicatif, Paris reste la ville la plus visitée en Europe avec ses 36,9 millions de visiteurs, devant Berlin (22,4 millions) et Rome (22 millions).

Un chiffre à la hausse qui a des répercussions ô combien salutaires sur l'hôtellerie bruxelloise qui a enregistré 5,9 millions de nuitées en 2011. Malgré la crise, celle-ci dort donc, et peut continuer de le faire, sur ses deux oreilles.

Elle peut le faire grâce aux touristes qui veulent voir la Grand-Place, se faire photographier devant Manneken-Pis ou manger les gaufres et le chocolat que le monde nous envie tant. On signalera ici que les touristes les plus nombreux viennent majoritairement de France, de Grande-Bretagne et d'Espagne mais que les Chinois, Russes et autres Brésiliens enregistrent les plus fortes hausses. Mais si les hôtels de Bruxelles ont le sourire, c'est avant tout grâce à l'augmentation croissante des nuitées d'affaires qui représentent 53 % du nombre total de nuitées (3,16 millions). Bruxelles est, en effet, plus que jamais une ville dont le pouls bat au rythme des congrès et séminaires.

Au mois de mars 2012, on y dénombrait 163 hôtels (majoritairement répartis dans le centre-ville) pour un total de 15.730 chambres. Les hôtels 3 et 4 étoiles offrent la majorité des lits (66 %), ce qui fait qu'au niveau européen, on dort un peu mieux à Bruxelles qu'en de très nombreuses autres villes du Vieux Continent.

Tous les grands groupes hôteliers sont présents à Bruxelles : Accor, Intercontinental, NH Hoteles, Starwood, Thon Group, Pierre&Vacances, Pandox, etc. Conséquence : le secteur hôtelier bruxellois est très recherché par les investisseurs de tous poils, attirés par une injection d'argent qui présente peu de risques et rassurante à long terme. En 2011, le promoteur CBRE a estimé à 65 millions d'euros le montant investi dans le secteur. D'autres dizaines de millions vont encore s'étaler sur la table puisque la Région veut proposer dix millions de nuitées en 2020 ! On continuera donc à construire des hôtels, c'est une certitude en même temps qu'une obligation.

Gageons que dans le ciel bruxellois s'érigeront des hôtels qui présenteront un visage qui leur permettra de résister longtemps au temps. Beaucoup d'hôtels sont aujourd'hui dépassés, sur le plan tant de leurs façades que de leur décoration d'intérieur.

La demande a changé

Certains misent sur un changement de « look » intérieur (beaucoup moins coûteux qu'une rénovation extérieure) pour rester attractifs. C'est le cas, notamment, du Méridien situé en face de la gare centrale que nous sommes allés visiter. Car aujourd'hui, la demande a changé. On ne veut plus du classique mais du contemporain, voire du très design. Certains l'ont très bien compris et parmi ceux-ci, on dénombre souvent des propriétaires au bon goût qui transforment leur bien en appartements loués à des touristes de passage. Une concurrence jugée déloyale par la Brussels Hotels Association qui estime que les 5.000 appartements et chambres de ce type recensés à Bruxelles échappent à la taxation hôtelière. Un phénomène qui n'est pas (encore) de nature à provoquer d'insupportables cauchemars à l'hôtellerie bruxelloise. Mais il arrive tout de même régulièrement à celle-ci de se réveiller au milieu de la nuit…