Sarkozy nomme un gouvernement plus à droite

Rédaction en ligne

dimanche 14 novembre 2010, 21:23

Le nouveau gouvernement « Fillon » comprend notamment Alain Juppé à la Défense et Christine Lagarde maintenue aux Finances. Un gouvernement plus à droite que le précédent.

Sarkozy nomme un gouvernement plus à droite

(afp)

Le président français Nicolas Sarkozy a finalement reconduit dimanche François Fillon à la tête d’un nouveau gouvernement marqué par la continuité et le maintien de nombreux poids lourds pour mener la bataille incertaine de la présidentielle de 2012.

La composition du gouvernement français (exceptés secrétaires d’état)

– Alain Juppé, ministre d’Etat, ministre de la Défense et des Anciens Combattants

– Michèle Alliot-Marie, ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères et européennes

– Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre de l’Ecologie, du développement durable, des transports et du logement

– Michel Mercier, garde des Sceaux, ministre de la Justice et des libertés – Brice Hortefeux, ministre de l’Intérieur, de l’Outre-mer, des collectivités territoriales et de l’Immigration

– Christine Lagarde, ministre de l’Economie, des Finances et de l’Industrie

– Xavier Bertrand, ministre du Travail, de l’Emploi et de la Santé

– Luc Chatel, ministre de l’Education nationale, de la Jeunesse et de la Vie associative

– François Baroin, ministre du Budget, des Comptes publics, de la Fonction publique et de la Réforme de l’Etat, porte-parole du Gouvernement

– Valérie Pécresse, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche

– Bruno Le Maire, ministre de l’Agriculture, de l’Alimentation, de la Pêche, de la Ruralité et de l’Aménagement du territoire

– Frédéric Mitterrand, ministre de la Culture et de la communication

– Roselyne Bachelot-Narquin, ministre des Solidarités et de la Cohésion sociale

– Maurice Leroy, ministre de la Ville

– Chantal Jouanno, ministre des Sports

– Patrick Ollier, ministre auprès du Premier ministre, chargé des relations avec le Parlement

– Eric Besson, ministre auprès de la ministre de l’Economie, des Finances et de l’Industrie, chargé de l’Industrie, de l’Energie et de l’Economie numérique

– Henri de Raincourt, ministre auprès de la ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères et européennes, chargé de la coopération

– Philippe Richert, ministre auprès du ministre de l’Intérieur, de l’Outre-mer, des Collectivités territoriales et de l’Immigration, chargé des collectivités territoriales

– Laurent Wauquiez, ministre auprès de la ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères et européennes, chargé des Affaires européennes

– Nadine Morano, ministre auprès du ministre du Travail, de l’Emploi et de la Santé, chargée de l’apprentissage et de la formation professionnelle

Annoncé il y a cinq mois par un chef de l’Etat au plus bas dans les sondages et censé donner un nouveau souffle à son action, ce remaniement s’est résumé en grande partie à un jeu de chaises musicales noué en un week-end, avec une coloration nettement à droite.

Le premier acte s’est joué samedi soir quand François Fillon a présenté la démission de son gouvernement. Le suspense des derniers jours évanoui, il a été reconduit dans ses fonctions dès dimanche matin.

« Après trois années et demie de réformes courageuses, conduites malgré une sévère crise économique et financière mondiale, je m’engage, sous l’autorité du chef de l’Etat, avec détermination, dans une nouvelle étape », a annoncé le Premier ministre.

Sobre, parfois austère, cet homme de 56 ans, au physique de notable de province, a réussi à imposer son propre style, à l’ombre de l’« hyperprésident » Nicolas Sarkozy. Il fut ainsi le premier, à droite, à assumer la mise en œuvre d’une politique de rigueur économique.

Bien placé dans les sondages, il a surtout eu le soutien de la droite traditionnelle qui a quasiment imposé sa reconduction à ce poste qu’il occupe depuis 2007, au risque de mécontenter la composante centriste de la majorité.

Le week-end aura été marqué par d’intenses tractations de dernière minute. Trois fois dans la journée, le chef du gouvernement s’est rendu à l’Elysée tandis que les listes se faisaient et se refaisaient au rythme des rumeurs et indiscrétions.

Finalement, Michèle Alliot-Marie (64 ans), abonnée aux ministères prestigieux (Justice, Défense, Intérieur), prend les Affaires étrangères où elle remplace l’ex-French Doctor, Bernard Kouchner.

Figure de la droite française et proche de l’ex-président Jacques Chirac, elle est la première femme chef de la diplomatie française.

Alain Juppé (65 ans), ancien Premier ministre et ex-chef de la diplomatie, revient aux affaires à la Défense où ce technocrate français souvent taxé de raideur fait son retour après une longue traversée du désert.

Forte de la reconnaissance de ses pairs étrangers, Christine Lagarde (54 ans) se maintient au ministère stratégique de l’Economie alors que la France a pris vendredi la présidence annuelle du G20, en pleine « guerre des monnaies », et qu’elle assumera à partir de janvier celle du G8.

La reconduction de Fillon est une « fin de non-recevoir adressée aux Français » selon Aubry

La numéro un du PS Martine Aubry a affirmé dimanche au siège du parti que la reconduction de François Fillon était une « fin de non-recevoir » adressée par Nicolas Sarkozy « aux Français », et a comparé le remaniement à « un arrangement au sein de l’UMP », de nature « clanique ».

« La confirmation de M. Fillon comme Premier ministre, c’est une fin de non-recevoir adressée ce soir par le président de la République aux Français, c’est le choix finalement de continuer à gouverner contre eux », a estimé Mme Aubry, en s’exprimant peu après l’annonce du remaniement.

« Les Français attendaient avec impatience un changement de politique », a fait valoir la maire de Lille. « Ce soir, c’est clair : ils n’ont pas été entendus ! ». « Le remaniement aurait également dû être moral et démocratique : il est essentiellement clanique, je crois qu’il faut le dire », a assuré Mme Aubry.

Le chef de l’Etat, en pleine crise de confiance avec les Français après l’adoption au forceps d’une douloureuse réforme des retraites, espère trouver un nouveau souffle alors qu’il perd encore trois points à 32 % d’opinions favorables selon un sondage à paraître lundi. Il mènera ses dernières réformes (fiscalité et vieillesse) avec un gouvernement plus à droite et resserré et plusieurs fidèles comme Brice Hortefeux qui reste à l’Intérieur.

Mais sans quelques grands absents, comme l’ex-ministre de l’Ecologie à la fibre sociale Jean-Louis Borloo, pressenti jusqu’à ces derniers jours pour prendre la tête du gouvernement. Exit d’autres centristes comme lui et aussi les personnalités venues de l’opposition de gauche. « J’attendais un geste de rassemblement (…) j’ai vu apparaître une équipe de campagne électorale UMP », a critiqué le centriste Hervé Morin, ministre sortant de la Défense.

(afp)