Banon-DSK : plainte classée sans suite
Rédaction en ligne
jeudi 13 octobre 2011, 17:47
Le parquet de Paris a décidé de classer sans suite la plainte de Tristane Banon contre DSK. Les faits ont été qualifiés d’agression sexuelle, mais prescrits. « Un agresseur sexuel non jugé », estime l’avocat de Banon.
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Le parquet de Paris a classé sans suite la plainte pour « tentative de viol » de Tristane Banon contre Dominique Strauss-Kahn, estimant toutefois que des faits qualifiés d’agression sexuelle étaient « reconnus » mais prescrits, selon un communiqué publié jeudi.
La romancière avait prévenu que si le parquet prenait une décision de classement, elle déposerait immédiatement plainte avec constitution de partie civile, ce qui entraîne automatiquement la désignation d’un juge d’instruction. « Le parquet de Paris a procédé au classement sans suite de la procédure diligentée à la suite de la plainte déposée par Madame Tristane Banon à l’encontre de Monsieur Dominique Strauss-Kahn pour tentative de viol », indique le communiqué du parquet.
À l’issue de l’enquête, « il ressort que si faute d’éléments de preuve suffisants, les poursuites ne peuvent être engagées du chef de tentative de viol, des faits pouvant être qualifiés d’agression sexuelle sont quant à eux reconnus », poursuit le communiqué. « Néanmoins, commis en 2003 et n’ayant été révélés qu’en juillet 2011 ces faits ne peuvent être poursuivis, l’action publique étant éteinte en application de la prescription triennale en matière délictuelle », explique le parquet.
Lors de son audition, le 12 septembre, par la brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP), l’ex-directeur général du FMI avait concédé avoir fait « des avances » à la jeune femme, selon une source proche de l’enquête.
Dominique Strauss-Kahn a toutefois toujours réfuté s’être rendu coupable de violence lors de sa rencontre avec Tristane Banon dans un appartement parisien. Il avait même qualifié d’« imaginaire » la scène racontée à plusieurs reprises par l’écrivaine. La décision du parquet intervient le jour même de la sortie d’un ouvrage de Tristane Banon, « Le bal des hypocrites » (Ed. Au Diable Vauvert), une autofiction dans laquelle elle livre sa version des faits sans jamais citer le nom de DSK.
L’ancien patron du FMI reste l’objet d’une procédure au civil aux Etats-Unis, intentée par une femme de chambre qui l’accuse de l’avoir violée en mai dans un hôtel de Manhattan. Les poursuites pénales ont en revanche été abandonnées fin août par la justice américaine qui a jugé la plaignante insuffisamment crédible.
DSK est « totalement blanchi », selon son avocate
L’avocate de Dominique Strauss-Kahn a estimé jeudi sur BFMTV que son client était « totalement blanchi », après que le parquet de Paris eut classé sans suite la plainte de Tristane Banon tout en estimant qu’une agression sexuelle était « reconnue » mais prescrite.
DSK « est évidemment totalement blanchi des accusations dont il a fait l’objet », a déclaré Me Frédérique Beaulieu. « Quand quelqu’un fait l’objet d’une plainte et que cette plainte est classée sans suite, ça veut dire qu’il n’y a pas lieu à poursuivre la personne. Cela s’appelle être blanchi », a-t-elle ajouté.
DSK, un agresseur sexuel non jugé, selon l’avocat de Tristane Banon
Dominique Strauss-Kahn est un « agresseur sexuel non jugé », a estimé jeudi l’avocat de Tristane Banon, Me David Koubbi, après que le parquet eut classé sans suite la plainte de Mlle Banon tout en reconnaissant qu’une agression sexuelle était reconnue mais prescrite.
« Il devra donc se satisfaire d’un statut d’agresseur sexuel non jugé bénéficiant de la prescription applicable en la matière, lui permettant d’échapper à une condamnation pénale mais désormais pas à une suspicion légitime quant à son comportement vis-à-vis des femmes », a dit Me Koubbi dans un communiqué. La décision du parquet « bien qu’insatisfaisante, constitue une première victoire pour Mlle Banon puisqu’au terme de cinq mois d’une bataille acharnée, il est établi sans réserve que son dossier n’est pas « vide » et que les faits qu’elle a dénoncé ne sont pas « imaginaires » contrairement aux affirmations de M. Dominique Strauss-Kahn », a-t-il ajouté.
(AFP)