DSK : l'UMP et Sofitel balaient la théorie du « complot »

Rédaction en ligne

dimanche 27 novembre 2011, 14:27

Le ministre français de l'Intérieur Claude Guéant, l'UMP et les hôtels Sofitel d'Accor ont vigoureusement nié dimanche qu'un « complot » ait été ourdi contre Dominique Strauss-Kahn à New York.

DSK : l'UMP et Sofitel balaient la théorie du « complot »

AFP

Dans une enquête du magazine New York Review of Books, le journaliste Edward Epstein relance le feuilleton DSK et les interrogations sur un éventuel piège tendu à l'ex-patron du FMI le 14 mai au Sofitel de Manhattan, où il a été accusé d'avoir violé une femme de chambre.

« On est en vrai fantasme ! », s'est exclamé Claude Guéant. « J'ai lu l'article écrit par M. Epstein », a expliqué le ministre de l'intérieur à l'émission Le Grand Rendez-vous Europe1/I-télé/Le Parisien : « Qu'est-ce qu'il remarque ? Que DSK a égaré son téléphone. Ce n'est pas parce qu'il a égaré son téléphone qu'il y a complot ». Le secrétaire général de l'UMP Jean-François Copé a vivement réagi dimanche, dénonçant comme la veille, une « thèse du complot (…) grotesque » contre DSK. M. Copé a exclu toutefois une action en justice contre ces assertions. Interrogé par l'AFP, Dominique Strauss-Kahn a répondu n'avoir « aucun commentaire à faire sur les articles de M. Epstein ».

BlackBerry piraté ?

Ce journaliste américain, enquêteur passionné par les grands scandales de l'histoire contemporaine, et qui dit avoir travaillé « cinq mois » sur l'affaire DSK, affirme que M. Strauss-Kahn avait été alerté le 14 mai au matin, par une amie travaillant à l'UMP, que son téléphone BlackBerry avait probablement été piraté, l'un de ses courriels privés ayant été lu au parti de Nicolas Sarkozy.

Le 14 mai dans l'après-midi à New York, sur la route qui le conduit à l'aéroport JFK, DSK avait appelé son épouse Anne Sinclair pour lui dire que « quelque chose de grave était arrivé ». Plusieurs de ses proches ont affirmé samedi à l'AFP qu'il faisait alors référence à son BlackBerry perdu, dont il pensait qu'il avait été « piraté ». Dans un entretien samedi à l'AFP, M. Epstein s'est refusé lui-même à parler de « complot politique », tout en se disant convaincu qu'on a voulu « faire capoter » la candidature du favori socialiste pour 2012.

Une danse suspecte

L'enquête du journaliste américain affirme également que le procureur de New York avait en main les enregistrements de vidéo-surveillance du Sofitel, dans lesquels on voit deux hommes se réjouir et se congratuler pendant trois minutes après avoir entendu la femme de chambre accuser DSK de l'avoir agressée sexuellement. « En réalité, ces faits ont duré huit secondes, sans qu'aucune 'extraordinaire danse de fête' n'ait pu être constatée », ont rétorqué les hôtels Sofitel, marque de luxe du groupe Accor, précisant dans un communiqué que « les deux employés interrogés ont catégoriquement nié que cet échange ait quelque lien que ce soit avec M. Strauss-Kahn ».

Interrogé sur la présence éventuelle d'enquêteurs français au Sofitel new-yorkais le 14 mai, M. Guéant a dit « assurer qu'il n'y avait pas de policiers français parmi ces deux personnes identifiées comme étant des membres du personnel » de l'hôtel. Le 14 mai, le Sofitel avait prévenu le groupe Accor vers 21H45 GMT de l'arrestation une heure plus tôt de DSK à bord d'un avion d'Air France à New York. Accor avait alerté ensuite Ange Mancini, coordonnateur national du renseignement à l'Elysée.

C'est René-Georges Querry, à l'époque directeur de la sécurité du groupe hôtelier, qui avait prévenu M. Mancini. Ces deux anciens policiers se connaissent. M. Querry s'est dit dimanche auprès de l'AFP « totalement étranger à quelque opération que ce soit pour tenter de déstabiliser DSK » et a déclaré au Journal du Dimanche que « vouloir à partir de là broder une théorie du complot relève du fantasme absolu ».

(afp)