Nicolas Sarkozy a confirmé lundi soir qu’une seule et « même personne » était à l’origine de la fusillade sanglante devant une école juive à Toulouse et de l’assassinat de trois militaires dans cette même ville et à Montauban au cours des derniers jours.
Un homme a fait feu à plusieurs reprises lundi matin devant une école juive de Toulouse, faisant quatre morts, dont trois enfants. Le tireur s’est ensuite enfui sur un scooter.
La fusillade a eu lieu vers 8h10 devant le lycée Ozar Hatorah, situé dans le quartier résidentiel de la Roseraie, dans le nord-est de Toulouse. Les quatre victimes sont un enseignant en religion de 30 ans, ses enfants de 6 et 3 ans, et un autre enfant de 10 ans, a indiqué le procureur de la ville, Michel Valet.
Le plan Vigipirate mis en oeuvre
Le plan Vigipirate de couleur « écarlate » -le plus haut des quatre niveaux- a été activé dans la région Midi-Pyrénées et « quelques départements limitrophes ». C’est une première en France.
Quatorze unités de CRS et de gendarmes mobiles « sécuriseront » la région, tandis que des gardes statiques seront engagés devant les lieux de culte juifs et musulmans et devant les écoles confessionnelles, a-t-il précisé lors d’une déclaration à l’Elysée.
Le reste du pays reste placé au niveau « rouge ».
« Nous ne savons pas les motivations de ce criminel », a dit Nicolas Sarkozy à propos du tireur. « Bien sûr, en s’en prenant à des enfants et à un enseignant, juifs, la motivation antisémite semble évidente. S’agissant de nos soldats, nous savons que deux étaient de confession musulmane, qu’un troisième était antillais, mais nous ne connaissons pas les motivations, même si on peut penser, on peut imaginer que le racisme et la folie meurtrière sont en l’occurrence liés », a-t-il ajouté.
200 enquêteurs mobilisés à plein-temps
Le ministre de l’Intérieur français Claude Guéant a affirmé lundi soir que 200 enquêteurs étaient mobilisés pour retrouver l’auteur de la fusillade.
« Toutes les forces de police judiciaire et de renseignements intérieurs sont évidemment mobilisées pour retrouver la piste du tireur. » Interrogé depuis Toulouse, Claude Guéant a ajouté qu’il n’y avait pour l’instant « pas de piste qui soit claire », et que « seule l’enquête pourra nous dire s’il est complètement seul ou s’il s’appuie sur un réseau ou sur un groupe ».
« Il est passé déjà trois fois à l’acte, et ce sentiment d’impunité qu’il arbore est un élément qui nous inquiète », a ajouté le ministre de l’Intérieur, en rappelant les « similitudes entre les trois assassinats qui ont eu lieu », notamment « la même arme qui a été utilisée dans les trois cas ».
Le tueur « a tiré sur tout ce qu’il y avait en face de lui »
Le tueur, arrivé sur les lieux à scooter, a ouvert le feu sur toutes les personnes qui se trouvaient devant le collège-lycée Ozar Hatorah, a déclaré le procureur Michel Valet, qui dresse un bilan de quatre morts et un blessé grave.
« Il a tiré sur tout ce qu’il y avait en face de lui, enfants et adultes, et des enfants ont été poursuivis à l’intérieur de l’école », a dit à la presse le procureur.
La même arme dans les trois séries de meurtres
La même arme de calibre 11,43 mm a été utilisée lors des trois séries de meurtres à Toulouse et Montauban, a indiqué une source proche de l’enquête. Le Président français a confirmé l’information.
« C’est la même arme » qui a été utilisée le 11 mars, lors du meurtre d’un militaire à Toulouse, puis quatre jours plus tard de deux autres militaires à Montauban, et enfin lundi lors de l’attaque contre un collège juif à Toulouse qui a fait quatre morts.
Le même scooter
Le même scooter volé a été utilisé lors des trois séries de meurtres à Toulouse et Montauban, a indiqué lundi à une source proche de l’enquête. Le scooter a été dérobé à Toulouse, il y a plus d’une semaine, soit avant le premier meurtre d’un parachutiste le 11 mars à Toulouse, selon cette source. Il s’agit d’un scooter de type T-MAX de marque Yamaha, a ajouté cette source.
Sarkozy et Hollande à Toulouse
Le président de la République Nicolas Sarkozy s’est rendu à Toulouse, accompagné du président du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), Richard Prasquier, et du ministre de l’Education nationale Luc Chatel. Le candidat socialiste à la présidentielle, François Hollande, se rendra aussi sur place.
C’est un « drame abominable », a déclaré le chef de l’État devant la presse. « Il y a quelques similitudes » avec les meurtres de Montauban, « mais seules la police et la justice nous diront les conséquences qu’il y a à en tirer ».
Le président s’est dit « interpellé » par la ressemblance dans le mode opératoire avec les deux attaques ayant visé des militaires parachutistes. Cette fusillade est en effet survenue quatre jours après l’agression de trois parachutistes à Montauban, pris pour cible par un tireur casqué. Deux d’entre eux sont morts, un troisième a été blessé. Il y a une semaine à Toulouse, un autre soldat avait été abattu d’une balle dans la tête.
Le candidat socialiste à la présidentielle, François Hollande, a appelé à Toulouse à « une réponse commune et ferme de toute la République. Il faut tout faire pour que les actes antisémites et le racisme amènent une réponse commune et ferme de toute la République », a déclaré M. Hollande, appelant à « être réunis dans la même responsabilité, dans le même engagement et dans le même respect ». C’est « la France tout entière » qui a été touchée à Toulouse, a conclu le socialiste.
La campagne pour la présidentielle française a été de facto suspendue lundi.
La sécurité renforcée aux alentours des écoles
Le ministère français de l’Intérieur Claude Guéant a demandé aux « préfectures de toute la France, particulièrement dans le Sud-Ouest, de renforcer la surveillance et la vigilance autour des lieux d’enseignement israélites », a annoncé son porte-parole, Pierre-Henry Brandet. Le ministre Claude Guéant se rendra « en fin d’après-midi » à Toulouse.
Les parents vont aller récupérer leurs enfants, actuellement rassemblés dans le réfectoire. Il y aurait entre 180 et 200 élèves dans cet établissement, selon un parent d’élève. Cette école a été ouverte en 1983 et elle est installée depuis le début des années 2000 dans le quartier de la Roseraie.
(AFP et AP)