Vive émotion après la mort mystérieuse de Descoings à New York

Rédaction en ligne

mercredi 04 avril 2012, 15:22

Présenté comme une personnalité mythique par ses étudiants, Descoings, professeur à Sciences Po mort dans des circonstances encore non établies à New York, a reçu l’hommage de Sarkozy et Hollande.

Vive émotion après la mort mystérieuse de Descoings à New York

La police de New York a ouvert une enquête mardi soir, après le décès de M. Descoings, retrouvé mort, nu « sur son lit » sans « signe évident de traumatisme ». Le chef adjoint de la police de New York, expliquant plus tard que les enquêteurs n’avaient pas de « preuve d’acte criminel ».

A Science Po Paris, la prestigieuse école de la rue Saint Guillaume, une foule silencieuse d’élèves et enseignants s’est réunie mercredi matin pour rendre hommage à ce directeur hors normes, resté 16 ans à la tête de cette institution formant une partie des élites françaises, qu’il a profondément transformée. Une photo de lui en noir et blanc trônait dans le hall et le principal amphithéâtre avait été rebaptisé en l’hommage d’un homme « extraordinairement populaire » et qui « aimait passionnément » une école qu’il a dépoussiérée, bousculant aussi les idées reçues.

« Richie, c’était un peu une idole, quelqu’un de mythique, mais il restait accessible », racontait Yann Kerhoas, étudiant en première année.

L’hommage de la classe politique

Le président Nicolas Sarkozy a rendu hommage « à la carrière exceptionnelle d’un grand serviteur de l’Etat » qui a « profondément réformé » Sciences Po en « un établissement de réputation mondiale » et contribué à « la prise de conscience en France de ce scandale que constitue la reproduction sociale des élites ».

François Hollande, candidat PS à l’Elysée, a salué en M. Descoings « l’une des figures les plus importantes et les plus reconnues du monde éducatif et universitaire ».

« Le travail qu’il a accompli pour l’ensemble du monde éducatif a été remarquable et son application à faire de son école un pôle d’excellence tournée vers le monde entier demeure un modèle à suivre pour tous », a souligné la candidate écologiste Eva Joly. « Il est aussi celui qui a permis l’ouverture d’un enseignement d’élite à une jeunesse qui en était privée : des jeunes de quartiers défavorisés aux étudiants étrangers désireux de découvrir l’excellence française ».

M. Descoings « fait partie de ces figures qui ont fait beaucoup de bien à la République », a dit le ministre de l’Enseignement supérieur, Laurent Wauquiez. C’était « un esprit visionnaire » qui « a révolutionné notre enseignement supérieur », a estimé le ministre de l’Education nationale, Luc Chatel.

L’hypothèse du cambriolage écartée

M. Descoings était à New York pour représenter l’Europe à une réunion de grands leaders d’universités, sous l’égide du secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, qui s’est dit « profondément attristé » par sa mort.

La police de New York a précisé qu’elle attendait de connaître les conclusions du médecin légiste, pour se prononcer sur les raisons du décès. Elle a semblé écarter l’hypothèse d’un cambriolage, affirmant que certains objets initialement manquants avaient été retrouvés. Un désordre constaté dans la chambre d’hôtel a été causé par le personnel médical qui a cherché à ranimer M. Descoings, selon le responsable de la police. Après avoir évoqué « la possibilité que d’autres personnes se soient trouvées dans la chambre à un moment donné », il s’est ensuite refusé à tout commentaire sur le sujet.

Selon NBC, l’ordinateur portable et le téléphone de M. Descoings ont été jetés par la fenêtre de sa chambre qui se trouvait au 7e étage, et retrouvés sur un palier du 3e étage.

(d’après afp)