L’ex-otage Roméo Langlois : « J’ai été très bien traité »

Rédaction en ligne

vendredi 01 juin 2012, 14:10

Le journaliste Roméo Langlois, ex-otage libéré mercredi par les Farc en Colombie après un mois de captivité, est arrivé en France ce vendredi, en provenance de Bogota.

L’ex-otage Roméo Langlois : « J’ai été très bien traité »

Romeo Langlois © AP

« J’ai dit que j’étais un otage VIP, c’est peut-être un peu exagéré, mais je ne me plains pas trop » et « j’ai été très, très bien traité », a déclaré Roméo Langlois, lors d’une conférence de presse après son arrivée à l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle à bord d’un vol régulier d’Air France en provenance de Bogota.

Avant sa descente d’avion, le correspondant de la chaîne France 24 en Colombie, vêtu d’une chemise claire, des lunettes relevées sur la tête, a serré ses parents dans ses bras.

Il a ensuite été accueilli par la ministre de la Culture et de la Communication, Aurélie Filippetti, qui représentait le président de la République, et le ministre délégué au Développement, Pascal Canfin.

Blessé au bras lorsqu’il a été capturé, « vraisemblablement par une balle de AK 47 » qui n’a « pas touché l’os directement », selon lui, Roméo Langlois, a été libéré mercredi par la guérilla des Farc dans le sud de la Colombie.

Le journaliste est porteur d’une lettre de la guérilla pour le président français, François Hollande, qui doit le recevoir à l’Elysée vendredi à 16H00.

Il n’y a « pas de grande révélation » dans cette lettre, a-t-il expliqué. « En gros, les Farc demandent à la France de continuer à jouer son rôle de pays ami pour aider à trouver une solution négociée » à la guérilla en Colombie, a-t-il dit.

Il a souligné que sa détention avait pu être prolongée par l’échéance électorale en France : « l’histoire s’est un peu politisée rapidement », a-t-il dit, en expliquant que les Farc lui avaient dit qu’il serait vite relâché.

« Farce de mauvais goût »

Le journaliste, qui a rendu hommage à ses proches, à la chaîne France 24 et au gouvernement français, a qualifié de « farce de mauvais goût » les accusations par des secteurs de la droite colombienne de « sympathie » avec la guérilla.

Jeudi, à Bogota, il avait déjà répondu à ces attaques en évoquant des « relations professionnelles », jugeant aussi important de comprendre le soutien apporté par les guérilleros dans les régions reculées « où il n’y a ni routes, ni hôpitaux, ni de quoi manger ».

Refusant le terme de « porte-parole de la guérilla », Roméo Langlois préfère celui de « messager ». « Il y a un blocus sur l’information », en Colombie, a-t-il déclaré. « Les Farc se sentent obligées d’enlever des personnes pour attirer l’attention pas seulement sur eux, mais aussi sur le conflit », a-t-il ajouté.

Le journaliste a aussi parlé d’une « crise humanitaire qu’on ne voit pas ».

Aurélie Filippetti a rendu hommage à la liberté de la presse avant « d’avoir une pensée pour Gilles Jacquier et Rémi Ochlik, deux photographes tués à Homs en Syrie », auquel Roméo Langlois a dit avoir pensé, comme « à plein d’autres qui avaient été otages dans des conditions plus difficiles ».

Avant de quitter le pavillon de réception il a cependant avoué « penser retourner très prochainement en Colombie ».

Pour ce journaliste aguerri, en poste depuis une dizaine d’années en Colombie, un pays en proie à un demi-siècle de conflit armé avec des guérillas et des groupes criminels, cette expérience est un « accident professionnel ».

Il avait été capturé le 28 avril lors de l’attaque d’une brigade de l’armée qu’il accompagnait pour filmer une opération anti-drogue, embuscade durant laquelle quatre militaires ont été tués.

Fondée en 1964, la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) compte encore 9.200 combattants, repliés dans des régions de montagnes et de forêts. Elle s’était engagée en février à renoncer à la pratique des enlèvements contre rançon.

(AFP)