Débat « Front contre Front » entre Le Pen et Mélenchon

Rédaction en ligne

samedi 02 juin 2012, 17:20

Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen se sont livrés samedi à un débat « Front contre Front » haut en couleurs dans la campagne pour la 11e circonscription du Pas-de-Calais, sur France 3 Nord/Pas-de-Calais, où les autres principaux candidats ont tenté de se faire entendre.

Principale passe d’armes entre M. Mélenchon et Mme Le Pen, l’affaire du « faux tract » diffusé par le FN comportant une photo du candidat Front de Gauche et l’une de ses phrases prononcées lors d’un discours à Marseille, le 14 avril : « Il n’y a pas d’avenir pour la France sans les Arabes et les Berbères du Maghreb ».

Sur le plateau, Marine Le Pen est revenue sur cet épisode qui a tendu le climat de la campagne et a accusé M. Mélenchon d’être un « immigrationniste fou », l’enjoignant à « assumer » cette « phrase qui a été prononcée ».

Jean-Luc Mélenchon a raillé l’équipe « stupide » de « gorilles » qui se sont « faits serrer » en diffusant ce « petit tract », qui a abouti à un dépôt de plainte du Front de Gauche, et à la revendication par Marine Le Pen de cette initiative.

La présidente du FN s’en est également prise au PS et à son candidat Philippe Kemel, accusant les socialistes de ne pas s’être « désolidarisés » d’ » élus voyous ». Elle visait le député sortant de la circonscription voisine de Liévin Jean-Pierre Kucheida, soupçonné de malversations.

Le débat, qui a duré un peu moins d’une heure, ne s’est toutefois pas résumé à un simple face à face entre les deux têtes d’affiche de cette élection scrutée à la loupe.

Face à eux, le candidat PS, ainsi que la candidate écologiste Marine Tondelier et le candidat Modem Jean Urbaniak ont tenté de contrer cet affrontement à deux têtes et n’ont pas non plus été avares de piques et de bons mots pour recentrer ce scrutin sur les enjeux de la circonscription.

« Le bassin minier, il est fatigué, il est fâché et il devient furieux. Même les scénaristes de Dallas ils s’y retrouveraient plus dans cette campagne », a ironisé la jeune candidate EELV.

« Le combat Front contre Front, je ne suis pas sûre que ce soit ça qui sortira la circonscription de sa situation », a-t-elle estimé, évoquant « les rumeurs incessantes de corruption et le cirque médiatique ».

Récusant ce terme, Jean-Luc Mélenchon en a renvoyé la responsabilité aux nombreux journalistes qui le suivent sur les marchés : « Moi j’ai rien demandé, s’ils veulent tous s’en aller, je ne les regrette pas ».

Le candidat PS, déçu de ne pas « discuter sur les sujets de fond » a mis en avant son ancrage local tout en se posant comme le « soutien sans faille » à la politique de Jean-Marc Ayrault et François Hollande.Il a accusé Mme Le Pen et M. Mélenchon de « vouloir rejouer l’énième tour » de la présidentielle et de « voler » l’élection législative aux habitants de la circonscription.

« Le carré de l’hypothénuse parlementaire est égale à la somme de l’imbécilité construite sur ces deux bords extrêmes, voilà où nous en sommes », s’est exprimé pour sa part le candidat MoDem soutenu par l’UMP Jean Urbaniak.

« Je serai toujours présent le 17 juin, lorsque les trains seront repartis pour Paris, que les caméras auront quitté Hénin-Beaumont », a-t-il conclu.

Tous deux candidats à l’élection présidentielle, Mme Le Pen et M. Mélenchon avaient déjà participé à un face à face télévisé, lors duquel Marine Le Pen avait refusé de débattre, exigeant notamment de son contradicteur qu’il « présente des excuses aux millions de Français » qui votent pour elle et qu’il avait « insultés », disait-elle, en sa personne.

(AFP)