La presse française condamne le tweet de Trierweiler

MAILYS CHARLIER

mercredi 13 juin 2012, 10:39

Le tweet de la Première dame de France a fait grand bruit dans la presse française ce matin, qui voit ce tweet comme un « règlement de comptes » avec Ségolène Royal.

La presse française condamne le tweet de Trierweiler

©AFP

La tempête a commencé hier midi sur la Twittosphère. Alors que François Hollande confirme son soutien à son ex, Ségolène Royal, Valérie Trierweiler, elle, choisit d'appuyer la candidature de son adversaire en Charente-Maritime, Olivier Falorni. Et de tweeter pour faire savoir à toute la France qu'elle ne se range pas de l'avis de son président de compagnon.

Ce matin, les éditorialistes français s'en sont donnés à cœur joie et Valérie Trierweiler s'est fait lyncher de toute part.

Au sein de sa rédaction, chez Paris Match, c'est la stupéfaction. « Les gens se sont dit que décidément elle ne changerait jamais. Elle est éruptive. Quand elle déteste quelqu'un, elle ne peut pas se retenir. Elle ne s'est pas retenue », raconte un de ses collègues.

Valérie Trierweiler fait la Une de Libération qui titre « La première gaffe de France ». Le tweet de soutien au dissident Olivier Falorni a ceci de « déprimant qu'il nous ramène à certains errements du sarkozysme », affirme Paul Quinio pour qui « le mélange des genres entre vie privée et vie publique revient par la fenêtre ».

« Le coup d'éclat se teinte d'une lumière vaudevillesque », estime Cécile Cornudet dans Les Echos.

Le Point va encore plus loin et demande tout bonnement à François Hollande de « faire taire sa compagne. Définitivement. » « La sortie de Valérie Trierweiler a quelque chose de déplacé, de ridicule et de dégradant », ajoute Hervé Gattegno, le rédacteur en chef qui qualifie ce tweet d'un « crêpage de chignon politicomédiatique. »

Pour Le Monde, le désormais célèbre tweet relève du registre personnel. « Une forme de désarroi, une difficulté à concilier deux rôles : celui de journaliste prompte à tout commenter et celui de première dame particulièrement tenue sur cette affaire à la réserve », ajoute l'éditorialiste Françoise Fressoz.

Le Figaro fait le point sur une rivalité privée entre Valérie Trierweiler, actuelle compagne de François Hollande et Ségolène Royal, la mère des quatre enfants du président. Le quotidien révèle un texto qu'elle a envoyé à une journaliste de Paris Match lui reprochant d'avoir parlé du « couple Royal-Hollande » au lieu de « l'ex-couple ».

« Le tweet de Trierweiler est tout autant un acte politique grave, lourd de conséquences, qu'un épisode digne d'un vaudeville sur lequel on n'a pas fini de gloser et de sourire », dénonce François-Yves Thréard, éditorialiste au Figaro.

Et Le Monde de rappeler une déclaration de Trierweiler dans Femme Actuelle, le 24 avril dernier : « François me fait totalement confiance. Sauf sur mes tweets ! »

En province aussi, on flingue Valérie Trierweiler

« Avec Cécilia, puis Carla Sarkozy, on avait connu l'Élysée bling-bling. Avec Valérie Trierweiler, voilà l'Élysée bourre-pif », écrit Patrick Fluckiger dans L'Alsace.

Rémi Godeau dans l'Est Républicain souligne que François Hollande prétendait « s'affranchir des pratiques de son prédécesseur » et que le voilà pris « en flagrant délit de franchissement de ligne public-privé ».

« Drôle d'image qui nous est offerte d'un président pris en sandwich entre deux femmes de caractère », constate Philippe Waucampt dans Le Républicain Lorrain.

Qualifiant ce tweet de « venin », Hervé Chabaud dans L'Union/L'Ardennais précise que la compagne de François Hollande, en s'en prenant à la mère des enfants du chef de l'État garantit « le buzz dense de cynisme et d'ironie ».