Enregistrements de Merah diffusés : une enquête est ouverte
Rédaction en ligne
dimanche 08 juillet 2012, 22:46
La diffusion par TF1 des enregistrements entre Merah et la police fait polémique en France. Valls et les familles protestent, la production se défend. Une enquête a été ouverte pour « violation du secret de l'instruction ». Fallait-il diffuser les enregistrements ? Votre avis dans notre sondage.
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« Nous avons agi en responsabilité » en diffusant un « document à forte valeur d'information », a assuré Emmanuel Chain, producteur de l'émission Sept à Huit sur TF1, critiquée pour avoir dévoilé dimanche soir des enregistrements audio entre Mohamed Merah et des policiers. « Nous avons beaucoup réfléchi, décidé de diffuser ce document qui a une forte valeur d'information (
) On apprend comment Merah s'est formé avec Al-Qaïda, sa détermination, on apprend beaucoup de choses, il a été très contextualisé », a déclaré Emmanuel Chain à la radio RTL.
Le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, a « regretté » cette diffusion, critiquant l'absence de précaution prise par l'émission de TF1 « pour respecter les familles des victimes », qui ont elles aussi exprimé leur indignation ainsi que leur intention de faire interdire la diffusion sur internet.
« Nous n'avons pas diffusé tous les propos »
« Nous l'avons fait en responsabilité, en pensant en permanence aussi à l'émotion que pourrait susciter sa diffusion auprès des familles de victimes et en décidant de ne pas diffuser tous les propos qui auraient pu heurter leur sensibilité », a assuré Chain.
« L'enregistrement que nous avons dure plus de quatre heures, et nous avons décidé de ne diffuser que les extraits qui avaient valeur d'information », ajoute le producteur de Sept à Huit, estimant que c'est « un document qui apporte un éclairage important, intéressant, sur une affaire qui a beaucoup marqué les esprits ».
Contactée par l'AFP, TF1 n'avait pas réagi à la polémique suscitée par cette diffusion dimanche soir.
Une enquête ouverte
Suite à la diffusion, le parquet de Paris a ouvert dimanche une enquête préliminaire pour violation du secret de l'instruction, a-t-on appris de source judiciaire.
Cette enquête est confiée à l'Inspection générale de la police nationale (IGPN), la « police des polices », a-t-on précisé. L'IGPN est parallèlement chargée par le ministère de l'Intérieur d'une enquête administrative à ce sujet.
(d'après afp)