Le gouvernement français refuse les conditions Peugeot-Citroën

Rédaction en ligne

jeudi 12 juillet 2012, 15:19

Peugeot Citroën supprime 8.000 emplois et ferme son usine d'Aulnay en France. Un séisme social et un premier coup dur pour la nouvelle majorité présidentielle socialiste.

  Le gouvernement français refuse les conditions  Peugeot-Citroën

© Belga

Peugeot Citroën, en grande difficulté, a annoncé la suppression de 8.000 emplois en France et l'arrêt en 2014 de la production dans son usine d'Aulnay-sous-Bois, près de Paris, qui emploie 3.000 salariés.

Le premier constructeur automobile français, qui a enregistré une perte nette au premier semestre, prévoit le recentrage de la production dans une autre usine de la région parisienne, à Poissy.

Mais il assure dans un communiqué vouloir travailler à la « revitalisation du site d'Aulnay », et proposer des postes à 1.500 salariés en interne et à 1.500 salariés par « reclassement externe ».

Le site de Rennes (Bretagne, ouest) est aussi touché par ce plan de restructuration avec « un redéploiement des effectifs de 1.400 emplois sur un total de 5.600 salariés » indique l'entreprise.

Le groupe, très affecté par la baisse des marchés automobiles européens, va également tailler dans ses effectifs hors production, « ce qui devrait conduire à la diminution de 3.600 emplois répartis sur l'ensemble des sites en France ».

Les départs volontaires privilégiés

Un plan de sauvegarde de l'emploi est prévu pour Aulnay et plus largement un plan de départs volontaires. Les représentants syndicaux devaient être informés ce matin de l'ensemble de ces mesures lors d'un comité central d'entreprise (CCE) extraordinaire.

Le constructeur, qui a déjà vu son bénéfice net divisé par deux en 2011, a enregistré une perte nette au premier semestre 2012, dont l'ampleur n'est pas précisée.

Sa division automobile a connu une perte opérationnelle courante de l'ordre de 700 millions d'euros au premier semestre. Il table à présent sur un recul du marché européen de 8 % cette année, contre 5 % auparavant, et de 10 % en ce qui le concerne.

Aucun appel à l'État

Du côté de l'entreprise, le président du directoire de PSA Peugeot Citroën a rejeté l'idée d'un prêt ou d'une entrée de l'État au capital du constructeur automobile.

« Nous avons une sécurité financière importante, ce qui fait que ce sujet n'est pas à l'ordre du jour », a déclaré Philippe Varin lors d'une conférence de presse en marge d'un comité central d'entreprise (CCE) extraordinaire. « Mettre de l'argent dans le groupe n'est pas ce qui remplira nos usines », a-t-il fait valoir.

6500 départs nets

Dans la matinée, le directeur industriel Denis Martin a annoncé qu'il y aurait sur les 8.000 postes supprimés, 6.500 départs nets.

Pour le reste, l'essentiel des 3.600 suppressions annoncées hors production, prévues surtout dans les effectifs de structure (recherche et développement et

direction des marques), se fera via des départs volontaires, a-t-il par ailleurs ajouté.

Le gouvernement dit non

Le gouvernement socialiste n'accepte pas le plan de restructuration présenté par le groupe automobile français PSA Peugeot Citroën, qui prévoit en plus de la suppression de 8.000 postes, la fermeture du site d'Aulnay, a déclaré le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg.

JPM et APS avec Belga