Flottille : la tension est vive entre Israël et la Turquie

Rédaction en ligne

mercredi 02 juin 2010, 11:20

Le ministère turc de la Justice réfléchit à l’opportunité de lancer des poursuites judiciaires contre Israël après son raid meurtrier qui a fait neuf morts, dont quatre Turcs.

Flottille : la tension est vive entre Israël et la Turquie

Erdogan © AP

Les autorités examinent le code pénal turc et le droit international pour déterminer l’action à entreprendre contre l’agression israélienne, selon l’agence Anatolia.

Le ministère doit aussi se prononcer sur la question de savoir si une enquête sera lancée par les procureurs turcs.

Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a lancé un appel mardi à la communauté internationale pour l’ouverture d’une enquête contre l’Etat hébreu, demandant qu’il soit « puni » pour son opération militaire survenue dans les eaux internationales.

C’est sur le ferry turc Mavi Marmara, le plus grand de six navires de l’expédition à destination de Gaza, sous blocus israélien, que s’est produit l’effusion de sang.

Israël en passe de « perdre » son ami turc

Israël est en passe de « perdre son seul ami » dans la région, la Turquie, après le raid israélien meurtrier lundi contre une flottille internationale d’aide pro-palestinienne, a indiqué au téléphone le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan à Barack Obama.

Les deux hommes qui se sont parlés mardi soir, ont évoqué la situation après l’assaut par les forces israéliennes d’une flottille d’aide humanitaire destinée à Gaza, ont annoncé mercredi les services de presse de M. Erdogan.

« Israël est menacé de perdre son seul ami dans la région qui a le plus contribué à la paix régionale », a dit M. Erdogan au président américain, selon un communiqué en ligne.

M. Erdogan dont le gouvernement islamo-conservateur a renoué avec le monde arabe, a affirmé qu’Israël occupera au Proche-Orient une place qui « dépendra de ses actions futures », souligne le texte.

Sur les plus de 650 passagers de la flottille, les plus nombreux étaient les Turcs.

Tout en répétant le soutien des Etats-Unis à « une enquête digne de foi, impartiale et transparente sur les faits de cette tragédie », M. Obama a insisté, selon la Maison Blanche, sur « l’importance de trouver de meilleures façons d’apporter une aide humanitaire aux habitants de Gaza sans saper la sécurité d’Israël ».

Plus tôt mardi, M. Erdogan s’en était vivement pris à Israël pour son opération militaire qu’il a qualifiée de « massacre sanglant », exhortant la communauté internationale à « punir » l’Etat hébreu.

Les relations entre la Turquie et Israël, jadis alliés stratégiques, sont au plus bas après le raid. Ankara a dénoncé lundi un acte de « terrorisme d’Etat » et rappelé son ambassadeur en Israël.

Israël rappelle les familles de diplomates

Le ministre des Affaires étrangères israélien a demandé aux familles de diplomates en poste en Turquie de quitter le pays, rapportent les médias israéliens, face à la réprobation provoquée par l’intervention de l’armée israélienne.

La mission diplomatique devrait cependant rester, selon la radio publique et les quotidiens.

(afp)