Scandale des écoutes : le chef de Scotland Yard démissionne

Rédaction en ligne

dimanche 17 juillet 2011, 23:53

Mis en cause pour son attitude dans l’affaire des écoutes au sein du groupe de presse de Rupert Murdoch, le chef de Scotland Yard, Paul Stephenson, a préféré démissionner.

Scandale des écoutes : le chef de Scotland Yard démissionne

AFP

L’onde de choc du scandale des écoutes au sein du groupe de presse de Rupert Murdoch a continué à se propager dimanche, avec l’arrestation de l’ex-directrice de sa division britannique Rebekah Brooks suivie par la démission fracassante du chef de Scotland Yard.

Rebekah Brooks a été interpellée après sa convocation dans un commissariat de Londres, dans le cadre de l’enquête sur les écoutes au sein du News of the World (NotW), un des tabloïdes du magnat des médias. La directrice de News International, acculée à la démission vendredi, est soupçonnée « de participation à l’interception de communications » et de « corruption ».

La flamboyante rousse, connue pour son entregent politique, était rédactrice en chef du News of the World au moment où une partie des écoutes ont été réalisées. Son interpellation pourrait toutefois la dispenser de répondre aux questions des députés de la commission des médias qui l’ont convoquée mardi avec Rupert Murdoch et son fils James, numéro trois de News Corp, le groupe familial.

« Il n’est pas certain désormais qu’elle sera en mesure d’assister à cette audition », a souligné son porte-parole David Wilson. « Il va y avoir des discussions entre ses avocats et la commission ».

Cette arrestation est la dixième intervenue dans le cadre de l’enquête rouverte en janvier sur le scandale des écoutes téléphoniques pratiquées à grande échelle depuis le début des années 2000 par le tabloïde. Celui-ci a fermé il y a huit jours à cause du scandale.

Le patron de Scotland Yard démissionne en direct à la télévision

Quelques heures après ce premier coup de tonnerre, le chef de Scotland Yard, Paul Stephenson, mis en cause pour son attitude dans cette affaire, a annoncé sa démission, en direct à la télévision.

« J’ai pris cette décision en raison des spéculations et des accusations sur les liens entre la Metropolitan police (l’autre nom donné à Scotland Yard, NDLR) et News International » et « en particulier avec Neil Wallis », ex-rédacteur en chef adjoint du NotW, a expliqué Paul Stephenson. « Mon intégrité est totale », a-t-il cependant assuré.

Neil Wallis, qui est soupçonné « d’avoir conspiré en vue d’intercepter des communications », a été arrêté jeudi.

Scotland Yard, accusé d’avoir traîné les pieds dans la conduite de l’enquête, avait dû admettre cette semaine avoir recruté un temps le journaliste comme consultant en relations publiques, après son départ du tabloïde.

Neil Wallis était aussi consultant d’un luxueux hôtel où le chef de la police a passé cinq semaines de convalescence cette année, selon la presse.

La polémique sur les liens étroits que News of the World entretenait avec la police, assortie de soupçons de corruption, a aussi été alimentée par la révélation que Stephenson avait rencontré à 18 reprises les dirigeants de News International entre 2006 et 2010.

Depuis deux semaines, Rupert Murdoch tente de calmer la tempête politico-judiciaire déclenchée par la découverte des pratiques du NotW. Il a publié des excuses dans la presse, sacrifié Les Hinton, un autre de ses lieutenants et renoncé au rachat de la totalité du bouquet satellitaire BSkyB. Mais rien n’y fait.

L’opposition britannique est repartie à l’offensive dimanche, demandant le démantèlement de son groupe britannique et des limites à sa toute puissance. Même le vice-Premier ministre libéral-démocrate Nick Clegg a jugé nécessaire un réexamen des règles sur le pluralisme.

(afp)