Pour le chef du parti Ettakatol, "il faut intégrer Ennahda dans le jeu politique"

Rédaction en ligne

mardi 25 octobre 2011, 19:49

Mustapha Ben Jâafar, chef du parti de gauche Ettakatol qui a obtenu un score de près de 15% aux élections de ce week-end en Tunisie, s'est confié au Soir. Il a dit souhaiter devenir le président durant la période de transition qui s'ouvre en Tunisie. Par Baudouin Loos.

A 70 ans, Mustapha Ben Jâafar, radiologue de son état, mais surtout chef du parti Ettakatol (Forum démocratique pour le travail et les libertés en Tunisie), voit peut-être son heure de gloire arriver. Son parti paraît avoir fait un score fort honorable, juste sous les 15%. Il s'est confié mardi au “Soir” avant la publication officielle des résultats d'un scrutin qu'il considère avec émotion comme «le plus beau jour de sa vie politique». Il nous a confié souhaiter devenir le premier président de la république sous la nouvelle assemblée constituante.

Les discussions ont commencé avec Ennahda

Les discussions politiques pour la constitution d'un exécutif après l'installation de l'Assemblée constituante tunisienne ont commencé avec les islamistes d'Ennahda, arrivés en tête des élections du 23 octobre, a déclaré à l'AFP le chef du parti de gauche Ettakatol. "Les discussions ont commencé avec tous les partenaires politiques, y compris Ennahda, et se poursuivent en attendant l'annonce des résultats définitifs", a précisé Mustapha Ben Jaafar, qui s'est dit "prêt à assumer les plus hautes responsabilités si un consensus se dégage".

AFP

Une première réaction après le scrutin de dimanche et le saction uccès islamiste ?

Certains ne donnaient pas cher de notre peau, et pourtant nous espérions mieux. On s'est d'ailleurs beaucoup démené. Certes, des «partis-frères ennemis» ne nous ont pas épargnés ces dernières semaines. Ils s'en mordent les doigts, comme le PDP (parti démocratique progressiste, qui a admis sa défaite lundi), qui a passé son temps à taper sur les autres formations en lice. C'est dommage.

Comment expliquez-vous votre bon comportement électoral?

Nous n'avons cessé d'annoncer la couleur: l'état de notre pays exige le rassemblement et non la bipolarisation islamistes-séculiers que certains ont mise en avant. Toutes les forces devraient maintenant se rassembler dans le futur gouvernement.

Vous êtes candidat pour occuper le poste de président pendant la période intérimaire qui va bientôt s'ouvrir?

Mais oui! Je crois que ma candidature peut incarner la volonté consensuelle de fédérer et d'apaiser, tout en assurant la sérénité avec la communauté internationale.

Les islamistes avec qui vous songez à vous allier continuent à faire peur en Occident…

Mais arrêtons donc de se faire peur, il n'y a aucune raison! Ennahda fait pleinement partie du paysage politique tunisien. Il faut l'intégrer dans le jeu politique, pas l'exclure. C'est lui qui est à la croisée des chemins: on verra s'il cultive un double jeu, comme d'aucuns l'en accusent, ou s'il a accepté la règle démocratique.